Copyright 2017 - Site by Misterdan

L'interview de Vogt Helge et Rufledt Hubertus les auteurs d'Alisik

Alisik Tome 2

C’est pendant la Japan Expo 2014 que j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer les auteurs de la bande dessinée Alisik dont je vous ai déjà parlé ici. Le dessinateur, coloriste et scénariste Vogt Helge et le scénariste Rufledt Hubertus spécialement venus d’Allemagne pour aller à la rencontre de leur public Français ont répondu avec gentillesse à mes questions. Ce sont deux personnes vraiment souriantes, simples et abordables dont j’ai eu un grand plaisir à interviewer.

-Comment vous est venue l’idée de départ ?

Au début nous voulions faire un petit film d’animation, nous avions l’idée d’une fille qui se réveille dans un cimetière et quelques personnages étaient déjà pensés mais à une échelle moindre que pour la bande dessinée. D’ailleurs nous avons fait un petit clip visible sur YouTube. Puis j’ai eu l’idée(Hubertus) de faire une bande dessinée, j’en ai parlé avec Helge à qui l’idée a plu. Nous avons alors réfléchi ensemble à un scénario global que nous avons proposé à notre éditeur Allemand Carlsen qui a été emballé. Carlsen a alors proposé au lombard de faire une coédition. Nous nous sommes rendu compte après reflexion qu’un film d’animation aurait demandé beaucoup de travail et d’investissement financier et qu’il n’aurait pas forcément abouti.

-Pourquoi avoir fait un découpage selon les quatre saisons ?

Au départ, il devait y avoir qu’un seul tome mais l’éditeur a pensé que c’était plus intéressant niveau marketing qu’il y ait plusieurs tomes. Nous avons donc décidé de faire quatre tomes et par la suite, les quatre volumes nous ont fait penser aux quatre saisons. Les quatre saisons ont permis de donner une structure à l’histoire et un suivi au scénario plus intéressant pour le lecteur. L’idée nous a paru amusante que l’histoire évolue selon les quatre saisons. Durant l’hiver, Alisik meurt et au printemps elle tombe amoureuse. Nous avons voulu faire un parallèle entre quelque chose qui se termine et quelque chose qui débute. D’ailleurs, il y a une symbolique avec les saisons qui a apporté beaucoup à l’histoire et qui a permis de restructurer le récit. On voit bien cette symbolique quand Alisik et Rubens s’embrassent car ils sont à côté de l’arbre dont les feuilles tombent donc la fin d’une saison et le début d’un amour naissant. Tous les tomes sont construits pour le quatrième ou un cliffhanger est prévu et tout converge pour que l’intrigue atteigne son paroxysme dans le dernier volume.

-Pour vous, Alisik est-elle un vampire, un zombie ou autre chose ?

Nous n’avons pas du tout voulu faire quelque chose de noir ou de morbide mais quelque chose de poétique et romantique, ce n’est pas une histoire d’horreur donc Alisik n’est pas du tout un vampire ou un zombie. Il y a de la mélancolie par contre, d’ailleurs le monstre qui apparait dans le deuxième volume était trop effrayant nous avons donc décidé d’introduire de la mélancolie dans le regard et l’apparence d’Alisik afin de mettre de la douceur et de ne pas être dans la brutalité.

-Le monde ou évolue Alisik fait penser à l’univers de Tim Burton, est-il l’un de vos modèle ?

Oui c’est un de nos modèles, le monde de Tim Burton est parfois noir mais les personnages sont gentils et attachants même si ils ont l’air dur. Ils ont quelques choses de bon en eux et c’est quelque chose qui est également présent dans l’univers d’Alisik. Cependant, nous sommes moins trash car dans notre histoire il n’y a ni vers ni asticots, nous préférons les chats noirs et les choses plus légères.

-Alisik est-elle une super héroïne ?

Non, c’est une adolescente simple et normale à qui tout le monde peut s’identifier qui ment, qui se pose des questions mais qui est dans une situation imaginaire. Dans le premier volume, c’est quelqu’un de timide puis peu à peu elle devient plus sûre d’elle. Le fait qu’elle s’affirme la rend héroïque d’une certaine façon mais ce n’est pas une super héroïne. Nous voulions que les gens puissent s’identifier à elle et se dise qu’est-ce que je ferais à sa place si je découvrais que j’étais morte, quelle serait ma réaction ? Alisik prend son essor petit à petit mais elle ne devient pas une super héroïne.

-Y’a-t ‘il de l’ésotérisme, du mysticisme, de la religion dans cette œuvre ?

Non et au contraire, on a évité d’utiliser les termes enfer et paradis pour rester éloigné le plus possible de toute religion.

-Le fait que vous ayez travaillé pour Disney vous a-t ‘il aidé pour écrire et dessiner Alisik ?

Oui car en travaillant pour Disney, on a dû adopter une ligne de conduite car il avait une deadline. Cela nous a appris à produire et à rendre en temps et en heures notre travail, nous ne pouvions pas nous disperser. J’allais au studio et je devais travailler, cela m’a appris une certaine discipline (Helge). Avant, de travailler pour Disney, je pouvais ne pas avoir envie de dessiner et travailler en fonction de l’inspiration et travailler pour un professionnel m’a obligé à respecter les délais (Helge). C’est pareil pour moi, j’ai appris à rendre un travail dans les temps comme une page par semaine, peut –être que des fois c’était bon, des fois moins bon mais je devais finir mon travail avant tout autre chose (Hubertus). C’est une expérience intéressante.

-Comment avez-vous trouvé le titre ?

C’est un mystère volontaire, un secret et cela le restera donc on ne dira pas pourquoi ce titre mais en tout cas nous tenions à prendre un nom qui n’existe pas. Il y a juste un comédien turc qui porte ce nom mais cela ne se prononce pas pareil.

-Pour finir que souhaitez-vous dire à nos lecteurs ?

Il faut avoir la bonne idée au bon moment auprès des bonnes personnes. On peut avoir un très bon projet et si il n’y a pas de besoin chez un éditeur, celui-ci n’aboutira jamais. Nous on a eu cette chance car au Lombard il n’y avait pas encore de bande dessinée qui correspondait à un public assez jeune. C’est difficile à entendre pour les jeunes auteurs qui veulent absolument faire leur histoire mais il faut être pragmatique et faire en fonction des besoins du marché. (Hubertus)

Nous sommes très contents d’être en France car nous avons un échange différent avec le public Français et le public Allemand. En Allemagne, les gens se demandent si Alisik est une nouvelle graphique ou une histoire pour enfant, en plus en Allemagne il est édité sous la forme d’un manga. Les Allemands ont du mal à comprendre à quoi ils ont affaire. En France, les gens comprennent tout de suite de quoi il s’agit, rentre plus facilement dans l’histoire, nous en sommes contents et fiers. Les couvertures Françaises sont plus jolies et plus matures.

f t g m