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Un illustre inconnu réalisé par Matthieu Delaporte

Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu’il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour.

La réalité n’est pas la vérité. Voici ce que nous dit la bande annonce. Jusqu’où peut aller un homme dans sa quête d’identité? Et si, certains étaient prêts à se grimer pour se faire passer pour un autre ?

Voilà le propos de ce film sombre, porter par le carismatique Mathieu Kassovitz (méconnaissable ici tant il se transforme en mille et un personnages), qui nous entraine dans la psycologie d’un homme cherchant à se retrouver lui même au travers des actions et attitudes des gens qu’il croise.

Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte, qui furent primés pour leur premier long-métrage Le Prénom (césar du meilleur acteur et de la meilleure actrice dans un second rôle), signent ensemble pour la seconde fois un scénario et une réalisation pour Un illustre inconnu. Le duo travaille ensemble depuis 15 ans, ayant signé une dizaine de scénarios.

Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu'un d'autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu'il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour...

Annoncé par sa publicité un brin hasardeuse sur Facebook, Un illustre inconnu propose un concept poussé à l'extrême, à la manière des débats ayant suivi cette étrange promotion. Des journalistes avaient en effet reçu des demandes d'invitation sur réseau social proposées par... eux-mêmes. Dans le but de montrer que nos données ne sont jamais vraiment secrètes et que n'importe qui pourrait être victime d'usurpation d'identité, l'équipe du film a donc souhaité frapper un grand coup. Jusque là avec succès.

On a connu Mathieu Kassovitz ayant la Haine, et Matthieu Delaporte réalisant l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre le Prénom. La réunion de ces univers improbables autour d'un passe-partout, d'un doppelgänger de lui-même, pourrait donc paraître ici très étrange. Il n'en est rien. Un illustre inconnu s'aventure dans les méandres des fantasmes de l'autre, de la disparition de soi. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir être une autre personne ? De devenir l'homme riche d'en face ou la femme tant désirée par ses proches ? Plus encore, que découvre t-on lorsqu'on ne joue plus un rôle mais qu'on devient littéralement la personne ? C'est ce que propose de découvrir le film à travers la performance plus qu'appréciable de Mathieu Kassovitz qui endosse tour à tour plusieurs rôles, postiches à l'appui. Le duo scénariste/réalisateur a souhaité pousser le sens du détail très loin et a été jusqu'à redoubler certaines scènes ou certains personnages pour que les imitations s'imitant parfois elles-mêmes (!) rentrent dans le moule d'un réalisme inquiétant... Tout en proposant ce qui se veut une fable où les petits génies violoncellistes et les Monsieurs Tout-le-Monde se côtoient. Le jeu du jeune garçon, encore anonyme, est par ailleurs remarquable, puisqu'il interprète lui-même ses morceaux et offre en outre un jeu tout à fait mature. Aux côtés du grand enfant (professionnel) que semble demeurer Mathieu Kassovitz, l'alchimie fonctionne très bien et on s'attache sans peine à ces personnages que des vies ordinaires pourraient pourtant ne pas appréhender du tout. Un seul bémol, et de taille, vient entacher le plaisir que l'on peut éprouver à suivre les pérégrinations de ce caméléon de l'extrême : le gris. Le gris d'un film où les couleurs se veulent ternes, plates, plastiquant les appartement de banalité et les bureaux d'une agence immobilière dans un filtre qui rappelle les publicités les plus ratées.

Ce gris froid coule tout le long du film, transpirant l'ennui et l'attente, le lino de mauvais hôtel et le tabac froid. Il y a de la tristesse accrochée à chaque bout de pellicule et si cela se veut probablement le reflet de la vie du héros, l'effet secondaire pourrait en revanche être de perdre une partie des spectateurs en chemin. En effet, l'impression de regarder le film au travers d'une fine couche de poussière ou d'une coupe de cellophane teinté de gazole ne donne ni franchement du baume du cœur, ni ne soutient notre attention. Tout au plus cela enrobe bien les scènes lentes, empreintes de détails et filmées avec soin de chaque séquence... Mais la lassitude et l'ennui peuvent guetter au coin d'une einième nuance de gris (et sans sexe). Pour tous ceux et celles qui sauront passer au dessus de ce filtre pour apprécier l'histoire touchante de Monsieur Sébastien Nicolas, le film aura gagné. Humain et soigné, ce long-métrage laisse présager le meilleur pour les prochaines œuvres de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière mais démontre également une fois de plus que Mathieu Kassovitz compte dans le paysage cinéphile Français.

Genre : Drame - Nationalité : Francaise - Durée : 1h58 - Avec Mathieu Kassovitz, Marie-Josée Croze et Eric Caravaca - Date de sortie : 19 novembre 2019.

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