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Souvenirs de Marnie réalisé par Hiromasa Yonebayashi

Très solitaire et renfermée, Anna a perdu ses parents très jeune. Elle vit en ville avec ses parents adoptifs. Lorsque son asthme s'aggrave, sa mère adoptive l'envoie chez des parents, les Oiwa, qui vivent près de la mer dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Pour Anna, c'est le début d'un été d’aventures qui commence par sa découverte d'une grande demeure construite au cœur des marais, non loin du village. Même si elle semble avoir quelque chose de familier pour elle, La Maison des Marais, comme l'appellent les villageois, est inhabitée depuis bien longtemps. Et c’est là-bas qu’elle va faire la rencontre d'une étrange et mystérieuse fille : Marnie…

Né en 1973 à Ishikawa-ken, au Japon, Hiromasa Yonebayashi a étudié le design industriel au Kanazawa College of Art. Pendant ses études, il travaille à temps partiel comme dessinateur de caricatures et comme animateur pour des publicités à la télévision.

En 1996, il entre au Studio Ghibli. Il y est intervalliste sur Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997) et Mes Voisins Les Yamada d'Isao Takahata (1999), puis animateur clé sur Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki (2001), The Ghiblies Episode 2 (2002), Le Château Ambulant (2004) et Ponyo sur la Falaise (2008), tous deux réalisés par Hayao Miyazaki. Il a également été superviseur de l’animation adjoint sur Les Contes de TerreMer, une autre production Ghibli réalisée par Goro Miyazaki, en 2006.

Parallèlement aux films d'animation Ghibli, Hiromasa Yonebayashi a travaillé sur des courts métrages originaux pour le Musée Ghibli, à Mitaka. Il a été directeur de l’animation de Mei and the Baby Cat Bus (2002), et superviseur de l’animation sur Imaginary Flying Machines (2002).

Il a en outre créé le storyboard et réalisé Evolution en 2008, un court-métrage documentaire ayant pour sujet l’une des attractions du Musée Ghibli, l’exposition Films Go Round.

Hiromasa Yonebayashi a réalisé son premier long-métrage avec Arrietty : Le Petit Monde des Chapardeurs en 2010, pour le Studio Ghibli. Le film a été le plus gros succès de l’année au Japon avec plus de 7,65 millions de spectateurs. Après avoir été animateur clé sur La Colline aux Coquelicots de Goro Miyazaki en 2011 et Le Vent se Lève de Hayao Miyazaki en 2013.

Après le "testament" de Miyazaki sous la forme du film Le Vent se lève et les rumeurs de fermeture totale des studios Ghibli, on ne peut que se réjouir de la sortie d'une nouvelle petite perle de l'animation Japonaise... Par le réalisateur d'Arrietty. Car autant ne pas y aller par quatre chemins : Souvenirs de Marnie réunit les ingrédients attendus pour une telle oeuvre. Adapté d'un livre jeunesse éponyme publié en 1967 par Joan G. Robinson, le film reprend avec douceur une esthétique légèrement nostalgique mais aux préoccupations bien ancrées dans le réel et les questionnements que peuvent se poser tous les enfants actuels...

Mais, comme souvent dans un dessin animé réussi, les adultes aussi peuvent être touchés de plein fouet par les thèmes abordés ! Si tout n'est pas clair dès le départ et que la relation qui unit Anna et Marnie nous parait faire de la première une héroïne quasiment antipathique et de la seconde une "Mary Sue" sans saveur, les choses évoluent rapidement. Les pièces du puzzle prennent place peu à peu et construisent un raisonnement, une chaleur humaine et de multiples chemins à travers les questionnements initiaux. Les questions de l'identité, de la famille, de l'héritage culturel, de l'amour et des rapports humains en général sont bien traitées, bien amenées. La fin scelle les questionnements les plus tenus, apportant son lot de précisions jusque dans les pistes secondaires les moins évidentes.

On peut littéralement ressortir "grandi(e)" de la séance, et comme doté(e) de la conviction de n'être pas seul(e), où que l'on soit. Si cet effet ne fonctionnera pas sur tout le monde, impossible en revanche de rester insensible à l'esthétique du film, soignée à l'extrême. Les thèmes de la peinture et du dessin étant abordés de plein fouet dans Souvenirs de Marnie, on retrouve tout naturellement un grand soin du détail dans les paysages et les objets représentés. Les décors comme la maison des marais deviennent des personnages en eux mêmes et peuplent le film tout autant que les habitants du village. Une grande douceur émane du tableau total du film, soignant tout aussi bien les fêtes traditionnelles que la ville, l'eau ou encore les habitations modestes aussi accueillantes que la maison des marais. On notera simplement une ou deux légères incohérences, notamment autour de la question du "secret" promis quand pourtant Marnie ne semble rien vouloir cacher à son entourage...

Mais aussi une lassitude possible pour ceux et celles qui en auraient assez des films d'animation Japonaisemontrant une nature plus belle qu'en vérité et des sentiments doux comme du sucre. Traditionnel jusqu'au bout du générique, Souvenirs de Marnie s'inscrit dans les hommages (de son vivant !) à Miyazaki ansi qu'à tous ses amateurs. Aussi, si l'on apprécie les contes modernes entre passé et futur, les questionnements identitaires sur fond de brumes mystérieuse et de tomates bien mûres dorées par un soleil japonais... l'enchantement fonctionnera à coup sûr.

Délicat, touchant et bien ficelé, ce film ravira les fans du genre en remplissant un cahier des charges artistique et humain avec brio. Et, qui sait, Marnie saura sans aucun doute parler aux réticents du genre !

Genre : Animation - Nationalité : Japonaise - Date de sortie au Japon : 19 juillet 2014 - Date de sortie en France : 14 janvier 2015.

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