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Discount réalisé par Louis-Julien Petit

Pour lutter contre la mise en place de caisses automatiques qui menacent leurs emplois, les employés d’un Hard Discount créent clandestinement leur propre "Discount alternatif", en récupérant des produits qui auraient dû être gaspillés.

Faire rire avec l’univers du hard-discount ? Des flicages odieux, des fins de mois à l’arrache, des licenciements économiques ? Des petits flics imbus de leur petit pouvoir ? Des pauvres, de ceux qui se débrouillent pour essayer de continuer à vivre, à survivre ? Difficile à imaginer ! Eh, bien, voilà un film qui réussit ce tour de force. On sourit souvent, on rit même quelquefois ; on s’attache à ces personnages bancals, avec des fêlures grosses comme ça. Ce ne sont pourtant pas des héros, hein, pas des gens sans peur ni reproche, non, juste des humains qui, traités de façon inhumaine (chronométrage pour mettre en compétition les employés et décider qui sera viré, suppression des chaises en caisse parce qu’on travaille plus vite debout, pauses-pipi calibrées, fouilles systématiques), vont se rebeller, à leur manière. En récupérant les invendus du supermarché, ils créent leur propre "discount", leur "épicerie solidaire", bien moins chère ! Et ils en font profiter les voisins, les amis, tout un quartier qui trouve là de bonnes affaires, certes, mais également de la chaleur humaine.

Porté par un casting impeccable, Discount est un film attachant, souvent drôle, mais aussi grinçant, et émouvant. Avec un budget dérisoire, si dérisoire que le réalisateur et la productrice ont fait appel au crowfunding pour financer la post-production, Discount nous rappelle sans mièvrerie, et sans complaisance, la dureté de notre société. Il évite l’écueil de la caricature, avec le personnage de Sofia Benhaoui – Zabou Breitman, parfaite – directrice coincée entre une hiérarchie qui la tyrannise et une mère qui tient à la marier, avec un musulman, évidemment. Dans un système impitoyable, à son échelle comme à celle de ses employés, elle tente de survivre, elle aussi, et le spectateur ne parvient pas à la détester tout à fait. Mention spéciale à Corinne Masiero, toute en justesse et en finesse dans un rôle complexe de veuve qui ne veut rien lâcher, à Pascal Demolon, dont la « gueule » ajoute à la force de cet homme au passé douloureux qui rêve juste de revoir sa fille, à Olivier Barthelemy, la « grande gueule » attachante et plus sensible qu’il n’y paraît et bien sûr à Sarah Suco, la mère courage prête à tout pour son fils. Sans oublier les seconds rôles, tous irréprochables.

Ça aurait pu être un film lourd, bourré de bons sentiments ou d’une suspecte commisération, mais on ressort de la salle plein d’énergie, ravi d’avoir partagé un bout de rêve avec ces personnages, et avec l’envie de croire qu’il y a encore de la Solidarité dans ce monde impitoyable !

Le public du Festival du Film Francophone d’Angoulême ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui lui a décerné son Prix.

Genre : comédie dramatique – Nationalité : Française – Durée : 1 h 45 – Date de sortie : 21 janvier 2015 – Avec Olivier Barthelemy, Corinne Masiero, Pascal Demolon, M’Barek Belkouk, Sarah Suco et Zabou Breitman – Distribution : Wild Bunch Distribution.

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