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108 Rois-Démons réalisé par Pascal Morelli

Qui est Pascal Morelli ? On lui doit entre autre la superbe série d’animation franco-canadienne Les Exploits d'Arsène Lupin (Night Hood dans la version anglophone) sur laquelle vous avez pu tomber si vous étiez jeune fin des années 90. Il a rencontré Jean Pêcheux, son copilote sur le scénario et les dialogues, lors du tournage de la série TV d’animation Rahan en 2009.

Le film est une adaptation libre du roman chinois Au bord de l’eau, la particularité de ce livre étant qu’il a été compilé et écrit par plusieurs auteurs. Il s’agit d’un des quatre grands classiques de la littérature chinoise. À l’origine, le long-métrage avait pour titre Le Prince et les 108 démons, il fut finalement légèrement modifié et simplifié.

Qui sont les Rois-Démons ? Ils ne sont pas vraiment ce que l’on pourrait appeler des malfaiteurs au sens propre du terme. Davantage considérés comme des hors-la-loi notoires, ils représentent chacun une classe de la société chinoise : poète, militaire, cuisinier, noble, pêcheur, homme de science, etc.

Pour Pascal Morelli, l’histoire de 108 Rois-Démons repose sur un léger mensonge qui permet notamment à un enfant d’entrer dans un monde d’adultes. Le réalisateur précise : « Dans les 7 Mercenaires ou les 12 Salopards, les personnages ne sont finalement pas des mercenaires ni des salopards. Il en va de même ici, ce ne sont pas des Rois-Démons… »

Empire de Chine. 12e siècle. Les Rois-Démons terrorisent tout le pays. Pour vaincre ces monstres, il faudrait avoir le courage de cent tigres, la force de mille buffles, la ruse d’autant de serpents... et une chance de pendu.

Le jeune prince Duan n’a que ses illusions romanesques et de l’embonpoint. Zhang-le-Parfait n’a que son bâton de moine et tout un tas de proverbes incompréhensibles. La petite mendiante Pei Pei n’a que son bagoût et son grand appétit.

Mais surtout, le prince Duan, le vieux moine et la petite mendiante ne savaient pas qu’il était impossible de vaincre les Rois-Démons. Alors ils l’ont fait !

Tout d’abord il faut dire qu’il y a un nombre de personnages excessifs (du moins parmi les "gentils") qui ne sont du coup pas tous aussi développés qu'ils le mériteraient… Finalement on aurait préféré un vrai film heroic fantasy de 2h15, format qui conviendrait mieux. Le film est indiqué comme pouvant convenir à un jeune public d’au moins 6 ans, bien qu'en réalité un effort de compréhension leur serait nécessaire pour tout assimiler ! Plutôt destiné à des enfants d’une dizaine d’années.

C’est à la fois un avantage et inconvénient une coproduction "internationale" dans le sens où chacun peut apporter sa culture et son expérience artistiques mais, et surtout lorsqu’il y a plus de deux pays, ça peut rapidement devenir un fourre-tout chaotique au lieu d’un chef-d’œuvre.

J’observe un beau travail de fond sur le doublage, malgré de gros problèmes de coordination vocal/visuel (par exemple un personnage qui gesticule sans parler, sur le moment je n’ai pas trouvé ça crédible) et de transitions – surtout au début du film.

Tant qu’on parle de l’aspect sonore, j’ai trouvé un quelque chose de Mulan à la bande originale avec cette instru à cordes, récurrente, qui doit être le thème. On la doit apparemment à Rolfe Kent, le britannique grâce à qui on a eu le brillant thème de générique – qui a d’ailleurs gagné un Emmy Award - pour la série Dexter sur la chaine câblée américaine Showtime.

Le graphisme se veut réaliste mais ne réussit qu’à moitié, la faute notamment aux décors (le fond) qui sont figés et semblent parfois bâclés par un assistant peu désireux de s’appliquer. Toutefois le character design est recherché on peut lui accorder ça, même si le plus souvent les personnages sont mono-expressifs !

Pourtant le projet était ambitieux puisque pour la première fois de sa carrière, Pascal Morelli a réalisé un film d’animation en relief. Un travail délicat et compliqué qui a obligé les acteurs à tourner durant cinq semaines à Bruxelles devant un green key, sur fond vert. Particularité, seuls leurs visages ont été remplacés par des avatars numériques. Les corps et habits visibles dans le film sont donc vraiment les leurs.

Une motion positive pour l’humour, difficile d’en placer dans une histoire après tout dramatique et sanglante donc bien joué là-dessus.

Genre : film d’animation – Nationalité : franco-belgo-luxembourgeoise – Durée : 1h44min – Date de sortie : 21 janvier 2015 – Avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu et Hanako Danjo - La Bande-Annonce ici.

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