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Manos Sucias écrit et réalisé par Josef Wladyka

Depuis le port de Buenaventura, ville la plus dangereuse de Colombie, trois hommes embarquent pour un voyage sur les eaux sombres du Pacifique. Ils transportent une torpille contenant 100 kilos de cocaïne. Avec un filet de pêche pour seule couverture…

En lisant le synopsis, je me suis dit : « Ben, voyons, un film colombien, qui parle de drogue… Quelle originalité ! » Seulement, voilà, c’est un film qui n’a rien de commun avec ce qui a déjà été fait. Bien sûr, ces hommes convoient de la drogue, mais ce n’est pas elle le sujet – d’ailleurs, on ne la voit pas – non, le sujet, c’est cette terre colombienne, otage des cartels, des militaires, de la guérilla, des paramilitaires… Une terre de misère où les hommes ne peuvent plus gagner leur vie, simplement. Buenaventura, c’est le troisième vrai personnage de l’histoire, avec ses bidonvilles, ses militaires arrogants, ces jeunes insouciants qui rêvent de musique et dansent, dansent, pour le fun, pour la drague, pour la vie !

On suit le périple de Jacobo, un pêcheur brisé par la mort de son fils, qui essaie de réunir de quoi quitter le port et parvenir jusqu’à Bogota, où il espère une existence normale, à défaut de meilleure. À ses côtés, Delio, son jeune frère, qu’il a envoyé des années plus tôt chez un oncle, pour des études. Mais le gamin est revenu à son insu et s’est embarqué dans cette aventure pour gagner de quoi faire vivre sa fiancée et son bébé de six mois. Malgré ses conditions de vie très dures, il a encore en lui la naïveté de la jeunesse, qui rêve de rap et d’un ailleurs mythique. Il regarde un pistolet avec des yeux d’enfant, sans bien réaliser ce qu’il signifie réellement.

Manos sucias (Mains sales) nous entraîne dans une traversée haletante d’un pays déchiré par les guerres, le trafic de drogue, le racisme. C’est un poignant témoignage sur le quotidien des populations afro-colombienne sur la côte pacifique. Véritable film d’action, plein de suspense, où la tension monte sans faiblir, c’est une vraie réussite. Porté par des acteurs incroyables de vérité et de justesse, capables de nous faire ressentir au plus profond leurs émotions, magnifié par une très belle photographie de la région côtière, Manos sucias s’avère une claque pour le spectateur !

Spike Lee ne s’y est pas trompé, qui a produit le film, pas plus que les jurés du festival de Tribeca, qui lui ont attribué le prix du Meilleur Premier Film.

Genre : drame - Nationalité : Colombienne - Durée : 1 heure 24 -  Prix du Meilleur Film au Festival de Tribeca 2014 - Date de sortie en France : 22 avril 2015.

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