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Pseudonym réalisé par Thierry Sebban

Interdit aux moins de 16 ans

Alex est un père divorcé, un cadre stressé. Ce soir, il a un rendez-vous avec une jeune inconnue… sur Internet. Mais cette rencontre va le plonger dans une spirale infernale et bouleverser à jamais le cours de sa vie. Une chasse à l'homme se met en place jusqu'à ce qu'il soit pris au piège. Cette nuit, c'est lui la proie...

J'ai trouvé Pseudonym réalisé par Thierry Sebban absolument monstreux. Pas parce qu'il est de mauvaise qualité. Bien au contraire, j'ai trouvé ce métrage tout à fait excellent aussi bien sur le plan scénaristique (l'histoire tient particulièrement bien la route) qu'au niveau de la distribution impeccable ou de la réalisation parfaite ou presque. Je l'ai trouvé abominable car il montre tout ce que l'humanité possède de plus noir, de pire, de sombre, de diabolique. Et le tout, sans jamais porter un jugement de valeur.

Thierry Sebban montre. Après, c'est au spectateur de se faire sa propre opinion.

Sur le plan artistique, le film est assez exceptionnel dans son genre. La tension monte doucement mais sûrement pour attendre son point d'orgue. Un vrai coup de coeur !

Pour aller plus loin

La naissance du film est à mettre en parallèle avec le sentiment d'horreur qu'a éprouvé Thierry Sebban lors de l’affaire du gang des barbares, mais aussi avec un sujet de société bien actuel qui l'interpelle en tant que père : la dangerosité d'Internet pouvant donner le champ libre aux agissements les plus pervers. Le metteur en scène explique également qu'en France, plus de 10 000 personnes disparaissent par an et que l'on peut se demander si Internet n'a pas aggravé les choses en étant devenu un vecteur de ce sinistre phénomène.

Thierry Sebban voulait travailler sur la violence perverse et dévastatrice d’un prédateur qui satisfait un désir de pouvoir absolu de disposer de la vie d’autrui. Il explique : «  Le prédateur de Pseudonym est un genre de "thrill killer", qui fait tuer pour le frisson. Un meurtre qu’il contemple via Internet, pendant lequel il jouit de la souffrance de sa victime. Des instincts morbides liés en quelque sorte à l'acte sexuel. Dans le film, la violence est plus psychologique que réelle. Elle s’effectue la plupart du temps hors-champ, mais également de façon sonore ou musicale. »

Toujours au sujet de la violence représentée dans le film, Thierry Sebban s'est inspiré notamment de la peinture de l'Anglais Francis Bacon qui illustre le mieux l’animalité de l’être humain.

Thierry Sebban a voulu que la musique du film soit électronique parce qu'elle symbolise le monde moderne et son aliénation à la technologie. Le compositeur Nicolas Baby (membre du groupe FFF) a construit la musique essentiellement autour de la violence qui évoque une menace qui plane, comme un personnage à part entière, et clairement associée au rôle de Monsieur, le prédateur campé par Simon Abkarian.

Pour Thierry Sebban, Pseudonym n'est pas un thriller moralisateur mais a pour vocation d’embarquer le spectateur dans une fiction qui pourrait arriver… Il s'agit également pour le réalisateur d'un film militant qui parle d’une cause dont les parents ont la responsabilité de s'emparer.

Pour ce premier long métrage derrière la caméra, Thierry Sebban a longtemps hésité à interpréter Alex. Le metteur en scène a finalement décidé de ne pas faire supporter ce rôle éprouvant à un autre acteur pour lequel il confie s'être fêlé une côte et fini couvert de bleus !

Les comédiens Igor Skreblin et Simon Abkarian avaient déjà collaboré avec Thierry Sebban sur la série de Canal+, Pigalle, la Nuit. Le cinéaste se rappelle pourquoi il a fait appel à eux : « J’ai tout naturellement pensé à eux pour les rôles de Sergueï et Monsieur car ils ont la puissance et la finesse de jeu pour incarner ce genre de personnages mais aussi la générosité nécessaire pour ce type de projet. »

Genre : thriller - Nationalité : Française - Distributeur : Destiny Films - Durée : 1h14 - Date de sortie en France : 09 mars 2016 - Avec Avec Perrine Tourneux, Igor Skreblin et Thierry Sebban.

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