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Room réalisé par Lenny Abrahamson

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère. Elle lui apprendà jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit queJack ait jamaisconnu. Samèreva tout risquer pour lui offrir une chancedes’échapper et de découvrir l’extérieur, uneaventureà laquelle il n’était paspréparé.

.Oscar 2016 de la Meilleure Actrice pour Brie Larson.

Le film débute dans la “Chambre”, prison oppressante et lieu de violences subies par les personnages mais aussi lieu de vie avec quelques rares moments de joie. En effet, dans toute cette noirceur, un rayon de lumière nous attrapepour ne plus nous relâcher. Là où nous voyons un espaceétriqué, il y voit l’infini, là où les murs nous bloquent, il met en marche son imagination, là où le désespoir guette il apporte l’espoir d’une vie meilleure. Cette lumière, Jack, brillamment incarné par Jacob Tremblay, empêchele film desombrer dansle pathoset ladépression. Sa naïveté et sa fraîcheur font mouche à chaquefois. La complicité qu’il entretient avec sa mère est un bonheur émouvant à voir. De même, si sa mère ne sombre pas, c’est grâceà lui. On sent toutefois qu’à tout instant elle peut basculer et commettre l’irréparable.

Brie Larson se dévoue entièrement pour son personnage, enlaidie, parfois méconnaissable, elle mérite amplement ses récompenses tant elle habite le rôle, à chaque fois avec justesse; subtile quand il le faut, dansla performance si nécessaire. Il faut aussi saluer le réalisateur qui a dirigé ses acteurs d’unefaçon remarquable et qui, pour ma part, a fait un travail de mise en scèn eassez risqué. Au début, la caméra bouge, tremble beaucoup, et est très proched espersonnages à tel point que par moment elle devient subjective. C’est très agaçant, perturbant et désagréable puis un changement se fait ressentir au fur et à mesure de l’histoire, alors on comprend qu’elle est l’incarnation du désordre intérieur puis de l’apaisement des personnages. Il faut relever aussi qu’elle n’est jamais voyeuriste ou intrusive, jamais commeles caméras de télévision, insidieuses et condescendantes.

Voir Room, c’est voir un film âpre et dur qui ne pardonne pas, tant au niveau de l’histoireque du traitement des personnages. Certains sont abandonnés en cours de route, s'intéresser à eux n’est plus possible, leurs fautes ou erreurs les condamnent à disparaîtres èchement. L’émotion reste cependant présente, elle est salvatrice parfoisl es larmes coulent mais l’espoir n’est jamais loin. Room, c’est un petit film devenu grand par la force des choses et c’est amplement mérité.

Genre : Drame - Nationalité : Canadienne - Durée : 1h58 - Avec Brie Larson, JacobTremblay, Joan Allen, William H. Macy, Sean Bridgers et Joe Pinge  - Datede sortie en France : 09 mars 2016.

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