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Ballistic de Adam Egypt Mortimer et Darick Robertson

Bienvenue dans un futur pas si éloigné que ça du nôtre, bienvenue à Repo City, la ville où tout le monde est un salopard, y compris les réparateurs d’air conditionné. Dans cet enfer cyberpunk, on rencontre Butch, un gros bourrin, et son pote Gun, une arme à feu génétiquement modifiée, grande gueule et dopée aux drogues les plus dures. Cette paire de brutes aussi improbable que violente va essayer de propulser Butch lui-même sur le devant de la scène criminelle de Repo City. Finies les heures passées à réparer les stations de refroidissement, Butch va enfin pouvoir se laisser aller à ses instincts les plus vils. Sauf qu’évidemment, ça ne va pas se passer comme aimeraient nos deux acolytes…

Après le culte Transmetropolitan, Darick Robertson s’associe au cinéaste Adam Egypt Mortimer et nous plonge dans une nouvelle métropole futuro-psychédélique où se mêlent SF, polar, pulp et anticipation dans un cocktail nihiliste parfaitement jubilatoire. Un « buddy movie » grand-guignolesque et ultra violent à la manière de The Boys qui emprunte autant à la littérature de William Gibson qu’à Judge Dredd.

Il y a un imaginaire et une esthétique phénoménaux dans cette BD. Les couleurs sont criardes. Les personnages sont très musclés, avec des tatouages sur les muscles pour les hommes et des mensurations de rêve pour les femmes, dans les grandes lignes. Après, si on va dans les détails, l’esthétique dit « cyberpunk » a des propositions peu communes : des peaux bleues, des oreilles ou des queues de chat, des lapins psychédéliques.
Blutch n’est pas le seul héros de cette histoire, il y a aussi Bang-Bang qui peut prendre le contrôle du bras du dépanneur de climatiseurs pour tirer sur leurs assaillants pendant que Blutch s’enfuit à toutes jambes. Mais lorsqu’ils vont piller une banque, Bang-Bang est trop défoncé pour assurer, ils doivent s’enfuir dans la voiture avec des ailes de chauve-souris.

Le scénario est « barré », ce sont même les mots employés par Adam Egypt Mortimer pour décrire son travail. On peut dire que sa conception du monde futur est assez désespérée, car il n’y a que violence, fric et sexe, tout étant exacerbé à l’extrême pour ne faire sortir que le pire de chacun. La robotique est au pouvoir, prête à servir les plus vils destins. Le sang gicle à toutes les pages et c’est ce qui m’a un peu lassé. Oui on est dans un monde de méchants, oui le héros va triompher, mais pfeuh ! c’était long et fastidieux...

Éditeur : Glénat - Collection : Comics – Scénario : Adam Egypt Mortimer – Dessin : Darick Robertson – Date de parution : 14 février 2018 – 160 pages - Prix : 15,95 €.

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