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Mourir (ça n’existe pas) écrit et dessiné par Théa Rojzman

Obsédée par la mort et la fragilité de la vie, la mère de Yann ne cesse de répéter qu’un jour, ils mourront tous.

Devenu adulte mais orphelin, Yann fini par décider lui-même de partir. Dans les eaux qui l’emportent, ses amis imaginaires d’autrefois le guident dans ses souvenirs. Moqueurs et cyniques, ses compagnons de l’enfance le ramènent dans les remous de sa vie et lui montrent les traumatismes de sa mère mais aussi les siens, liés les uns aux autres comme par une malédiction familiale...

 

Ce superbe album traite de sujets peu abordés en bande dessinée : la folie et la mort. Théa Rojzman signe un ouvrage surprenant, d’une grande sensibilité, et plein de poésie.
Au travers des planches, l’histoire fait un va et vient permanent dans la vie de Yann. Enfant, il fuit une mère alcoolique et dépressive, incapable de surmonter un épisode tragique de sa jeunesse, et un père incolore, en s’inventant des amis imaginaires et en jouant de l’harmonica. Ses parents morts dans un accident de voiture, son harmonica enterré au pied d’un arbre, Yann tente de se mettre à vivre. Il abandonne ses amis imaginaires, se met à peindre et trouve une compagne. Mais celle-ci voudrait un enfant et Yann est rattrapé par son passé. Il ne peut faire face à cette demande, et après avoir déterré son harmonica, il va se suicider dans la mer. Au moment de mourir, ses amis imaginaires le rejoignent Pendant de longues minutes il est inconscient et revit tous ses traumatismes. Revenu à la vie malgré lui, il va pouvoir aller de l’avant et abandonner ses fantômes.
L’histoire est très bien traitée par une auteure dont on reconnaît la formation de psychothérapeute.
Mais ce qui est vraiment étrange et très beau, ce sont les dessins, très surprenants, retraités à la peinture, qui mettent en valeur la délicate frontière entre le réel et l’imaginaire. Les tons de rouge sang, de bleu et de gris éclatent sur les pages.

J’ai été un peu déroutée par cet album, mais très vite complètement conquise, tant par l’histoire que par les dessins.

Mourir (ça n’existe pas) a obtenu la mention spéciale du prix Artémisia de la bande dessinée féminine 2016.

Editeur : La Boîte à Bulles – Collection Hors Champ – Date de parution : mai 2015 – 96 pages – Prix : 18 €

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