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L'empereur Meiji de Mathieu Mariolle et Ennio Buffi

1853, baie d’Edo, future Tokyo. Une armada de navires européens attend au large des côtes japonaises pour entamer les négociations avec ce pays qui vit coupé du monde. Mais il n’est pas facile de remettre en cause un isolationnisme cultivé depuis plus de deux siècles par la dynastie des Shoguns Tokugawa, laissant à l’empereur un rôle religieux et symbolique. Quinze ans plus tard, une période de réformes radicales va se cristalliser autour du nouvel empereur Mutsuhito, dit Meiji, le Japon s’affranchissant alors du système féodal et s’ouvrant au reste du monde à marche forcée.

Meiji (qui signifie littéralement gouvernement éclairé) est ainsi à la fois le nom de l’ère qui voit le Japon basculer dans la modernité et de celui qui l’a incarnée.

Le scénario peut sembler un peu bateau mais il est efficace. L'ère Meiji et notamment sa mise en place n'est pas ce qu'il y a de plus simple à comprendre. L'histoire nous explique clairement la succession des événements de cette époque obscure du Japon. Et cela sans nous ennuyer car l’auteur nous place au cœur du cabinet du premier ministre et de son bras droit. Le lecteur est plongé au milieu de l'intrigue de telle manière que certains choix sont faits mais de nombreux restent à faire. L'ambiance intimiste qui se dégage de cette suite de confidences et de discussions privées nous rend quasiment décisionnaire des choix qui sont faits.

Bref, on apprend, on voyage, on ne s'ennuie pas, bien mieux on adore !

Le dessin est magnifique. L'artiste trouve le juste milieu entre le manga et le dessin à l'européenne, ce qui donne un ensemble dynamique et précis. Les visages, surtout les yeux, permettent de laisser deviner une idée qui traverse l'esprit d'un personnage. Les couleurs à la fois renforcent la vivacité des actions et approfondissent la proximité de la confidentialité des discours. Mais là où le dessinateur est le meilleur c'est dans la peinture des héros dans leur quotidien. En effet, les échanges s'inscrivent dans un cadre de vie, avec les repas traditionnels, les décors Poignet typiques, avec un naturel déconcertant. Par exemple, au début les deux protagonistes discutent pendant qu'une femme débarrasse au premier plan, mais nous ne prêtons pas attention à elle grâce aux jeux de lumière. Nous sommes plongés dans la culture japonaise, avec tact et c'est très agréable.

Editeur : Glénat – Collection : Ils ont fait l'histoire – Scénario : Mathieur Mariolle – Dessin : Ennio Buffi – Couleurs : Arancia Studio – Date de parution : 15 novembre 2017 – 56 pages – Prix : 14.50 €

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