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Larmes de joie réalisé par Mario Monicelli

Gioia Fabbricotti surnommée Tortorella, une figurante de Cinecittà qui, pour gagner sa vie, s’échine dans de petits rôles en rêvant de devenir une diva, refuse pour le réveillon de fin d’année la compagnie d’Umberto Pennazuto, un ancien acteur surnommé Infortunio pour sa capacité à provoquer de faux accidents et à escroquer les assurances. Infortunio a promis à Lello, un pickpocket, de l’aider pendant la nuit de la Saint Sylvestre pour tenter quelques coups. Les trois personnages se rencontrent par hasard et Tortorella – qui a été abandonnée par les amis avec qui elle devait réveillonner – oblige les deux hommes à l’accompagner à un bal masqué. Le titre est le reflet du film. Une nuit de la Saint Sylvestre, une nouvelle année en perspective, de la bonne volonté, de la joie en abondance mais tout ira de travers, cependant Tortorella n'abandonnera pas. Elle veut vivre une belle soirée et elle s'y accrochera, malgré tout ce qu'il va lui arriver, elle va rester optimiste jusqu'au bout.

Anna Magnani est formidable avec ce rôle à la hauteur de sa démesure, ce personnage haut en couleur, démonstratif, exubérant, qui fanfaronne mais en vain. On lui fera faux-bond, on ne fera pas attention à sa nouvelle couleur, à sa robe pourtant elle fait tout pour être remarquée et remarquable. Elle partage avec Totò, une scène à la fois joyeuse et émouvante : ils chantent comme ils le faisaient dans leur passé... Un moment unique dans lequel leur bonheur est palpable. Le duo est complété par Lello, interprété par Ben Gazzara, escroc charmant et charmeur, qui assume sans scrupule son statut de voleur contrairement à Infortunio.

L'un, jeune, ira jusqu'à un vol dans une église, l'autre, fatigué, se verra reprocher tous les malheurs de l'Italie et elle, personnage centrale, représentante de l'optimisme résigné, face à un cadre assez déprimant. On suit les péripéties malchanceuses de ces personnages sans-le-sou qui évoluent dans des lieux festifs où la richesse domine, où un homme peut prostituer sa fiancée, dans une fête privée composée de nobles coupés du monde, à la suite d'un riche américain assez grossier.

Mais parfois, on les retrouve dans le métro avec ce conducteur qui travaille le dernier jour de l'année en laissant sa famille seule ou dans la rue au moment du traditionnel lancer de vieux objets par les fenêtres. Ils essaient d'avancer dans une Italie qui se perd entre richesse et pauvreté. La portée satirique du film apparaît alors dans toutes ces scènes, dans les poches vides, dans ces accumulations d'échecs, dans cette richesse si proche et si éloignée, cette richesse qui appartient aux autres, cette richesse qu'ils essaient de récupérer par tout moyen, en vain...

Les personnages représentent tous une facette de l'Italie, ils n'évoluent pas vraiment ou dans le mauvais sens, comme Lello qui ne vivra pas de rédemption. Ils reviendront à leur point de départ en ayant en prime vécu une situation assez dramatique. Malgré tous leurs efforts, leur joie de vivre, et l'espoir, l'optimisme reste teinté d'un fort sentiment de fatalisme.

Bonus : Entretien avec Jean Antoine Gili – Titre original : Risate Di Gioia – Genre : Comédie Dramatique – Nationalité : Italienne – Durée : 1h46 – Avec Anna Magnani, Ben Gazzara, Totò et Fred Clark – Date de sortie cinéma Italie : 21 octobre 1960 – Date de sortie cinéma France : 3 avril 2013 – Date de sortie DVD : 4 février 2015 – Éditeur : M6 Vidéo – Collection : Les Maîtres Italiens SNC – Prix à partir de 12,99€.

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