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Les jeunes loups réalisé par Marcel Carné

Alain, jeune gigolo aussi élégant qu'ambitieux, se fait entretenir par une riche princesse étrangère. Il séduit aussi la jeune et candide Sylvie, qui feint de céder au cynisme ambiant en matière de mœurs sans s'avouer ses inclinations romantiques. Désespérée de sa propre déchéance, elle se reprend en se liant avec Chris, un beatnik de la rue de la Huchette.

 

Alain est un jeune homme, beau et ambitieux, dont le but est de profiter de la vie en se faisant entretenir par des femmes très riches. Sylvie est une jeune fille fraichement débarquée de sa province, et qui se donne un genre libre et affranchie, alors qu’elle est encore très romantique. Entre ces deux-là l’amour est bien là, mais il ne se conçoit pas de la même façon. Alain aime Sylvie qui lui apporte sa fraîcheur et sa jeunesse, mais il aime aussi ses maîtresses qui lui apportent un confort matériel qui lui est indispensable, et un sentiment de puissance, alors que Sylvie le voudrait tout à elle, et souffre, bien qu’elle s’en défende, de la jalousie. Le troisième personnage c’est Chris, un marginal qui tombe sous le charme de Sylvie, et, à défaut de s’en faire aimer, lui offre son amitié. C’est finalement le personnage le plus sympathique du trio, et celui qui a le plus la tête sur les épaules, assumant totalement sa vie de beatnik marginal, alors qu’il est issu d’une grande famille bourgeoise.

Les Jeunes Loups c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un film oublié né sous de mauvais auspices. Sorti le 3 avril dans 4 salles parisiennes et une salle en banlieue, il suscite des critiques mitigées. Certains le considèrent comme un film raté, d’autres tombent sous le charme et en font un film culte.
Marcel Carné, pour sa part, a désavoué son film , à cause des très nombreuses coupures exigées par la censure qui était très active avant mai 68. C’est son seul film où il n’assista pas à la première.
Les Jeunes Loups sont surtout un témoignage d’une époque, une peinture de la société, et surtout de la jeunesse, principalement parisienne, des années 1967/1968. Mais il a été totalement éclipsé par les évènements de Mai 68, et n’a même pas profité du succès phénoménal de la chanson la plus marquante de sa bande son I’ll Never Leave You interprétée par Nicole Croisille.
Depuis sa sortie le film n’a plus jamais été projeté en salles, ni réédité en VHS, ni diffusé à la télévision. Il n’a été projeté qu’en deux occasions, en copie très abîmée, en 2012 pour une rétrospective Marcel Carné à la Cinémathèque Française, et en 2013 à Deauville dans le cadre d’un cycle consacré aux films tournés dans cette ville. C’est dire si les amateurs attendaient avec impatience la sortie en DVD. M6 Vidéo leur offre ce cadeau en version totalement restaurée. Il est cependant dommage que cette version n’inclut pas les scènes coupées par la censure de l’époque, alors qu’elles ont été tournées, et existent bel et bien.

Pour ma part j’ai vu ce film comme un témoignage d’une époque totalement révolue. Ce qui frappe, malgré une époque où la censure était une réalité, c’est la liberté de pensée qui existait à cette période. Presque cinquante ans plus tard, on a l’impression que la jeunesse est plus formatée, plus conventionnelle que celle qui a fait éclore Mai 68. L’amour libre présent tout au long du film n’a pas survécu à l’épidémie de sida , et l’insouciance à la montée du chômage.

Pour les inconditionnels du grand Marcel Carné (Quai des Brumes, Hôtel du Nord), pour ceux qui souhaitent découvrir la période juste avant Mai 68, pour la magnifique scène dans la piscine de Deauville, bref pour tous les curieux, je leur conseille cette superbe version DVD.

bande annonce en version non restaurée

Genre : Comédie dramatique – Nationalité : Française, Italienne – Durée : 1h52 – Avec : Haydée Politoff, Yves Beneyton, Christian Hay – Date de sortie en salles : 2 avril 1968 - Date de sortie en DVD et VOD : 4 novembre 2015 – Prix public conseillé : 12,99 €

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