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Rubiel e(s)t moi écrit par Vincent Lahouze

Si je devais me souvenir d'une chose, d'une seule chose, ce serait la vision des murs gris de l'Orphelinat du Bienestar de Medellin et des portes qui claquaient lorsque nous courions dans les couloirs, le bruit sourd de mes pieds nus sur le parquet de bois délavé et poussiéreux. Oui, d'aussi loin que je me souvienne, la couleur n'existait pas.
Je suis né en Colombie, à la fin de l'année 1987, mais je n'ai commencé à vivre qu'en 1991.

Il y a plusieurs années que je suis Vincent Lahouze sur les réseaux sociaux où très vite sa plume s'est imposée comme incontournable. Vincent écrit comme il respire avec un enthousiasme communicatif. Ses joies nous rendent heureux, ses peines nous attristent, ses doutes nous interpellent, ses émotions sont les nôtres. Il a ce talent rare de nous faire partager sa vie sans pathos, sans étalage, juste parce que c'est vital et vrai.

Rubiel e(s)t moi, qui était en pré-commande juste derrière le dernier Amélie Nothomb, a été classé 5* sur Amazon par 91 % des lecteurs, 5* sur la Fnac, 4,5* sur Babélio et sur Cultura, recommandé par un nombre incroyable de blogs et sites littéraires, plébiscité par tous ceux qui l'ont lu. Nul doute que la sortie en poche sera rapide !

Fin des années 80, Rubiel est un petit colombien de 4 ans. Sa mère, qu'il appelle Mademoiselle l'Ephémère, est décédée, il a été séparé de sa fratrie et placé à l'orphelinat du Beniestar de Medellin. C'est là que des familles, européennes pour la plupart, viennent chercher des enfants adoptables. C'est ce qui arrive à Rubiel. Le petit garçon va être adopté par un couple français (la Merveilleuse et le Repère) et re-baptisé Vincent. L'adoption est toujours une problématique difficile, et le petit garçon, puis l'adolescent et le jeune adulte, doté d'une immense sensibilité, va se chercher longtemps. Conscient de sa chance d'avoir été adopté, adorant ses parents adoptifs, il lui faudra pourtant partir sur la trace de son enfance pour retrouver l'enfant qu'il était et qui est à jamais resté en Colombie. C'est par le biais de l'écriture que Vincent, aujourd'hui jeune adulte de 30 ans, va en finir avec les démons qui le hantent. Dans le roman, Vincent imagine que c'est Rubiel qui reste sur la touche pendant que son meilleur copain est adopté. Quelle vie aurait-il alors vécue ? En parallèle l'auteur nous raconte la vraie vie de Vincent après son adoption. Chapitre après chapitre, les deux vies, la vraie et l'inventée, se croisent, se répondent, s'entremêlent.

Vincent livre un témoignage poignant sur la construction de l'identité. Parce que Vincent est une belle personne, parce qu'il écrit à fleur de peau, avec une sincérité bouleversante, il nous emporte de façon magistrale à la rencontre de ces deux gamins perdus. Nul doute que son prochain roman, en cours d'écriture et déjà réservé par l'éditeur, et qui sera sans doute plus fictionnel, nous emportera à nouveau sur les chemins de l'émotion brute.
Je ne peux m'empêcher de penser au magnifique film Pupille qui lui aussi traite de l'abandon et de l'adotion, et met l'enfant au coeur du problème.

Editeur : Michel Lafon - Date de parution : 30 août 2018 - 267 pages - Prix : 17,95 €.

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