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Dissonances écrit par Carin Gerhardsen

Une jeune femme nue, traumatisée, mutique est retrouvée sur un palier d’immeuble. Si elle refuse de parler, le voisinage, lui, est plus bavard. Et accuse sans hésitation le propriétaire de l’appartement devant lequel elle se trouvait. Le réparateur de piano John Gideon doit, selon eux, au mieux être un pervers, au pire un pédophile. Comment expliquer sinon les va-et-vient incessants de demoiselles chez lui ?

Petra aimerait bien éclaircir ce point. Gideon ne lui paraît pas avoir le profil. Mais, pour l’instant, sa porte reste close et il est introuvable. Alors que la liste des suspects s’allonge, Petra s’efforce de faire parler la victime. A part elle, qui peut y parvenir ? Toutes deux partagent la terrible expérience du viol. Difficile de faire la part des choses et de progresser quand pistes, témoignages et instincts de flics prennent des voies aussi… Dissonantes. L’action du livre se déroule sur une semaine. Un chapitre est à peu près égal à une demi-journée la plupart du temps. Cela donne un rythme au livre.

Au sein de chaque chapitre on peut changer de scène et du coup ne pas suivre tout le temps les mêmes personnages. Les deux premiers chapitres nous donne un peu le ton de l’histoire et nous situe un peu comment on va se sentir pendant tout le livre, c'est-à-dire juger un peu trop vite et du coup se méprendre sur pas mal de point de l’histoire. On a une histoire de base qui est le viol de Veronica. Autour de cette histoire, plusieurs viennent se greffer. Certaines sont plus ou moins liées au viol d’autres non. Mais ces histoires sans aucun rapport au début sont toutes là pour une raison, nous aider à avancer. Cela n’apparait pas clairement tout de suite mais à la fin du livre on change comprend très bien pourquoi. Jusqu’à la moitié du livre je commençais à me poser de sérieuses questions sur tout ce qui nous était raconté. J’hésitais entre le gros fouillis et un intérêt quand même au fur et à mesure de l’enquête sur ce viol. La victime Veronica n’est vraiment un personnage facile, on ne sait jamais si on doit la croire ou pas. Son histoire évolue au fur et à mesure et à la fin quand on pense qu’elle dit enfin la vérité sur ce qu’il lui est arrivé, on se rend compte qu’un détail apparu quelques pages avant peu très bien nous induire en erreur. Cela résume bien l’histoire.

Chaque détail n’est pas là par hasard. Il revient forcément à un moment donné plus tard pour nous faire avancer dans l’histoire. Sur les enquêteurs, ils sont très nombreux et j’avoue m’être souvent perdu pour savoir qui est qui. Je pense que le faite que les noms soit Suédois ne m’a pas aidé car on ne peut pas dire clairement avec un nom si c’est un homme ou une femme. Après il faut mieux se concentrer sur 4 des enquêteurs (Petra, Jamal, Gerdin et Sjöberg) et surtout sur Petra car le viol de Veronica l’aide à résoudre et se remettre de son propre viol.

Ce livre c’est un peu des maillons d’une chaine que l’on assemble au fur et à mesure pour comprendre qu’à partir d’un personnage centrale, celui de John Gideon, on va résoudre plein d’histoires. On se rend compte aussi qu’il ne faut pas aller trop vite dans le jugement et bien prendre en compte tout les éléments pour se faire un avis. Ces histoires secondaires sont parfois un peu brouillons et ne servent pas à grand-chose ou alors elles ne sont pas assez aboutis. En clair j’ai un peu de mal à donner mon avis sur ces histoires car elles sont en même temps nécessaires mais assez énervantes de la manière dont elles sont construites. (Attention quand même aux âmes sensibles car les détails du viol sont assez précis et peuvent être un peu difficile à lire surtout qu’il y a des sévices sur mineurs.) Le livre est quand même très bon. C’est un très bon polar dans le style Suédois, on y trouve quand même un rythme.

Et la fin est une vraie fin avec une vraie leçon. Il ne faut jamais juger sans avoir tout les éléments et ne pas se fier aux « on dit ».

Éditeur : Fleuve Editions - 380 pages - Prix : 19,90 € - Date de parution : 09 avril 2015.

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