Copyright 2019 - Site by Misterdan

La Perle et la Coquille écrit par Nadia Hashimi


Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Un extrait d'un poème persan du 13e siècle débute ce magnifique roman : « L’eau de mer supplie la perle de briser sa coquille.»

A un siècle d'intervalle, deux femmes afghanes, Shekiba au début du 20 ème siècle et Rahima, son arrière-arrière-petite-fille, cent ans plus tard, vont lutter pour leur survie et pour prendre leur naseeb (destin) en main. Les perles vont tenter de briser leurs coquilles ...

Les deux femmes vivent la même malédiction de naître fille dans une maison où il n'y a pas de garçon, les mêmes mariages forcés d'adolescentes tout juste pubères, la même impuissance à prendre en main son destin. 
Encore que Shekiba et Rahima (ainsi que la tante Khala Shaima), ont une forte personnalité et une volonté de forcer le destin. Elles ont aussi un atout que peu de filles ont : elles savent lire et écrire.
 Shekiba et Rahima ont aussi goûté au privilège d'être un garçon : Shekiba en femme-homme, garde du harem travestie, Rahima en basha posh, fille-garçon, avant d'atteindre l'adolescence. On découvre aussi le rôle des belles-mères, celles qui ont donné un fils, et qui règnent en despote souvent brutal sur les épouses de leurs fils, reproduisant sur les belles-filles ce qu'elles ont enduré plus jeunes. On traverse des mondes de femmes, intérieurs pauvres et paysans, tribu d'un seigneur de guerre, ou harem royal. On découvre que, s'il ne fait pas toujours pas bon naître fille en Afghanistan, il ne fait pas bon non plus y naitre handicapé.

Le récit entrecroise les vies de ces deux femmes, passant de l'une à l'autre et tenant le lecteur en haleine.

J'ai lu ce livre d'une seule traite, captivée par ces deux héroïnes, et découvrant les similitudes qui existent entre la société afghane d'il y a plusieurs générations et celle d'aujourd'hui. A travers ces femmes c'est un peu de l'histoire d'un pays qui se dévoile. Et si certaines femmes commencent à s'émanciper, le poids des traditions pèse toujours sur la majorité.

Nadia Hashimi est américaine. Elle est née à New-York et a grandi dans le New Jersey. Elle vit avec sa famille dans la banlieue de Washington, où elle exerce le métier de pédiatre. Ses parents sont tous les deux originaires d'Afghanistan qu'ils ont quitté au début des années 70 avant l'invasion soviétique. Ils sont retournés dans leur pays d’origine pour la première fois en 2002 avec leur fille. Un voyage marquant qui lui a permis de découvrir sous un nouveau jour l’histoire et la culture afghanes dont ses romans sont imprégnés.

Elle est l'auteur de deux romans, La Perle et la Coquille et When the moon is low, pas encore traduit en français, qui raconte l'exode d'une femme et de ses enfants devant l'arrivée des talibans.

Editeur : Bragelonne – Collection : Milady Romance – Titre original : The Pearl That Broke Its Shell - Date de parution : 19 juin 2015 – Edition brochée : Prix : 18,20 € - 432 pages – Edition numérique : Prix 9,99 € - 544 pages

f t g m