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La quête de Mary Bennet par Pamela Mingle

La quête de Mary Bennet par Pamela MingleGrandir au côté de quatre sœurs n’a pas été facile pour la maladroite Mary Bennet, amoureuse invétérée des livres. Alors que toutes sont établies ou presque, Mary vit encore dans la demeure familiale, où sa mère n’a de cesse de lui répéter qu’elle finira vieille fille. Lorsque sa cadette Lydia et son mari sont au cœur d’un nouveau scandale, qui met à mal l’image de la famille Bennet, Mary est éloignée à High Tor, chez Jane et son époux Mr. Bingley. Auprès du couple, elle rencontre l’élégant Henry Walsh, qui l’étourdit aussitôt. Serait-ce de l’attirance qu’elle éprouve pour ce séduisant gentleman ?

Étant une grande fan de Jane Austen, j’avoue avoir comme manie de collectionner toutes les austineries que je vois passer, y compris les livres dit para-austiniens. Comprendre, les livres qui sont écrits de nos jours en reprenant les histoires, univers et personnages qu’on retrouve dans les romans originaux de Jane Austen. Aussi, quand j’ai vu passer ces titres tout fraîchement sortis de chez J’ai lu pour elle avec en couverture la fameuse silhouette de l’auteure anglaise… j’ai craqué.

 

Dans cette histoire, on part du postulat que Mary Bennet a changé. Je resitue pour ceux qui ne connaîtrais pas ce personnage. Dans Pride and Prejudice, Mary est l’une des sœurs du personnage principal Elizabeth. Elle est présentée comme étant une bigote sans aucune cervelle, qui voue un culte aux sermons religieux et joue très mal du panio (en pensant être très douée) en plus de passer son temps à être rabat-joie. Elle est celle qui sort ce genre de réplique : « Je n’aime pas les bals, on ne peut pas y tenir de conversation digne de ce nom. » Top fun, dès le départ.

 

Et donc, c’est un personnage que tout le monde montre du doigt en se moquant car elle est très imbue de sa personne alors que franchement médiocre dans tout ce qu’elle fait. Je recommande toujours vivement la version de la BBC de l’adaptation de Pride and Prejudice, qui est très fidèle aux caractères des personnages (et où on peut voir la fameuse scène de Darcy sortant du lac). Car si Jane Austen est actuellement vue comme auteure de romances, surtout grâce/à cause de ces adaptations réalisées de ses romans, elle est avant tout une critique de la société de son temps qui n’hésite pas à caricaturer et se moquer des gens qui l’entourent. Mary Bennet ne faisant pas exception et étant, avec la mère, le personnage le plus pitoyable du livre (oui, il y a le cousin aussi…)

 

Or, l’auteure a pris un gros pari en basant son histoire sur elle. Et ça, ça n’a pas fonctionné du tout avec moi. Elle répète inlassablement durant toute son histoire que Mary a changé, histoire qu’on capte bien que non, elle n’est plus la tête à claques de l’histoire d’origine. Au cas où on soit un peu durs de la comprenette, elle insiste bien lourdement sur ça. Elle s’est améliorée. Darcy, son beau-frère, lui a payé des leçons de piano. Elle lit beaucoup d’autres livres que les sermons rasoirs dont elle se nourrissait. Elle aspire même à se marier ! Et là je dis non. Autant je suis assez bon public pour les adaptations, même les plus libres (merci Bridget Jones), autant essayer de faire une pirouette improbable avec un personnage détestable qui n’attire aucune once de sympathie, ça ne prend pas avec moi.

 

Et forcément, c’est tout le roman qui en a souffert. Je n’ai jamais réussi à adhérer au fait que Mary n’était plus la cruche de Pride and Prejudice. Je n’ai pas cru un seul instant qu’elle avait pu changer à ce point. Ça arrangeait l’auteure de nous faire croire à une métamorphose de Mary, je le comprends, et je suppose que ça peut marcher… mais pas avec moi. Je me suis ennuyée, on sent une volonté de coller au style d’Austen mais c’est loin, vraiment loin d’y parvenir. C’est pour ça que je préfère encore les adaptations très libres : elles n’ont pas pour vocation d’imiter mais de réinventer. Là, c’est un peu comme si on nous proposait une suite finalement, sauf que le niveau est bien en-deça de ce que l’auteure originale nous a laissé en héritage.

 

C’est donc un flop pour moi, un ennui mortel, une facilité qui ne prend pas. Après, ça fait joli dans ma biblio spéciale Jane Austen… Dommage que ce soit souvent ça : une jolie couverture qui cache un texte médiocre et dénué d’intérêt si on aime Jane Austen. Peut-être que si on part totalement vierge d’austineries, ça peut le faire, à tester. Mais j’ai trop de préjugés pour adhérer, Darcy est en moi (si seulement) (pardon, je m’égare).

J’ai lu pour elle – Date de parution : 11 mars 2015 – Prix : 8,00 € - 384 pages

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