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Le disparu de l’Hôtel-Dieu écrit par Eric Fouassier

Juin 1515, des hommes vêtus de noir pénètrent, la nuit, dans l’Hôtel-Dieu de Paris et n’hésitent pas à semer plusieurs cadavres derrière eux pour s’emparer d’un mystérieux médaillon. Le jeune Etienne, un enfant intrépide d’une douzaine d’années, hérite par hasard du pendentif. Pris pour cible, il doit se jeter dans la Seine pour échapper à ses poursuivants. Ce qu’il ignore, c’est que le fameux médaillon est en fait une clé permettant de décrypter un code secret vénitien. A la veille de la nouvelle campagne d’Italie projetée par François 1er, sa possession revêt une importance stratégique capitale. Pour retrouver Étienne, son fils unique, Héloïse Sanglar, femme-apothicaire, doit mener sa propre enquête et se mêler aux affrontements souterrains qui opposent les espions des deux camps.

Dans le volume précédent, Le piège de verre, Héloïse Sanglar, rousse flamboyante, intelligente et cultivée, reconnue apothicaire à la mort de son père, bien que cette charge soit en principe réservée aux hommes, devient la protégée de la reine Anne de Bretagne et de son époux le roi Louis XII pour avoir résolu un complot qui menaçait le couple royal. Mais la belle Héloïse, qui s’apprête à convoler avec le Chevalier Bayard, celui sans peur et sans reproche de nos livres d’histoire, s’enfuit sans explications en abandonnant celui qu’elle aime.

Nous la retrouvons plus d’une décennie plus tard, en charge de l’apothicairie de l’Hôtel-Dieu grâce au soutien royal. Héloïse n’est plus seule, elle vit avec son fils Etienne, jeune garçon intelligent et intrépide de douze ans. Mais le décès de la reine Anne, puis de son époux, ont rendu sa situation bien précaire, et exacerbé les jalousies dont elle fait l’objet. Par hasard Etienne va se trouver mêlé à la lutte mortelle qui oppose les espions français, vénitiens et vaticans pour la possession d’un important médaillon, clé du décryptage du code secret vénitien.

Le roman va alors se diviser en deux parties qui se déroulent tour à tour. D’une part nous suivons Etienne, prisonnier de bateliers, puis se retrouvant mêlé à une compagnie de lansquenets partis prêter main-forte à l’armée royale, d’autre part nous suivons Héloïse, allant demander de l’aide au Chevalier Bayard, et se retrouvant accompagner l’armée jusqu’en Italie.
C’est ainsi que mère et fils vont se retrouver mêlés, séparément, aux guerres d’Italie que le jeune roi François 1er a décidé de mener pour donner de l’aura à son début de règne.

Les descriptions de la vie au XVIème siècle sont très intéressantes, que ce soit à l’hôpital, dans les campagnes, à la cour des rois aussi bien que dans le petit peuple. L’auteur décrit la police de Paris et ses différents corps, mais aussi la médecine pratiquée à cette époque, souvent plus mortelle qu’efficace, et même la chirurgie de guerre. Le récit particulièrement documenté de la campagne d’Italie, de la traversée mouvementée des Alpes jusqu’à la célèbre, et si meurtrière, bataille de Marignan, est lui aussi absolument passionnant.

L’intrigue est tortueuse à souhait, l’histoire romanesque, les personnages bien construits, la plume de l’auteur fluide et efficace. Même si, comme dans le premier tome, j’ai un peu regretté les amours supposés du chevalier avec la jeune femme car ils ôtent, à mon sens, de la crédibilité à l’ensemble, cela reste un foisonnant roman de cape et d’épée où amours, trahisons et batailles rythment l’action.

Éditeur : Editions du Masque – Collection : Masque Poche - Date de parution : 27 février 2019 – 592 pages - Prix : 9,10 €

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