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The Book of Ivy - Tome 1 écrit par Amy Engel

Voilà cinquante ans qu'une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d'une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d'Amérique s'est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu.

Aujourd'hui, les fils et les filles des adversaires d'autrefois sont contraints de s'épouser, chaque année, lors d'une cérémonie censée assurer l'unité du peuple. J'ai seize ans cette année, et mon tour est venu. Je m'appelle Ivy Westfall, et je n'ai qu'une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu'on me destine, Bishop, le fils du président.

Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche… Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.

Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ? À la fois histoire d’amour torturée, thriller psychologique et dystopie cruelle, The Book of Ivy vous entraîne dans un compte à rebours haletant dont vous ne sortirez pas indemnes.

Quand Lumen a commencé la présentation promotionnelle de ce livre, je sentais déjà que cela allait être un futur coup de coeur. Indubitablement, c'est ce qui s'est produit, et je n'ai pas réussi à le poser avant la dernière page de tournée.

Ivy a seize, et a grandit dans une communauté de survivants à l'ère post-nucléaire ayant suivie la destruction du monde. Une communauté de moins de dix mille habitants qui tente de survivre depuis deux générations, regroupée dans une ville de l'ex Ohio qui leur permet de subvenir à leurs besoins. Mais avant cette relative tranquillité, il y eu un conflit entre deux familles : celle des Westfall, fondatrice de la communauté et qui désirait l'instauration de la démocratie, et celle des Lattimer, qui s'est emparée du pouvoir grâce aux armes et qui a instauré une dynastie. Mais pour tuer tout conflit dans l’œuf, ces deux familles ont décidé de se marier entre elles. Car il est plus difficile de fomenter une révolution contre une famille qui a le visage de son enfant ou de ses petits-enfants...

Ivy est la descendante de la famille fondatrice. Elle sait donc que son destin va être lié à celui de Bishop Lattimer, futur président de la communauté qui succèdera à son père, et qu'elle n'a pas son mot à dire. Mais depuis des années, son père et sa sœur la programment pour ce moment précis : celui où elle entrera dans la famille Lattimer, et qui signera la fin de cette dynastie...

Prenez toutes les dystopies existantes, ajoutez un soupçon de Roméo et Juliette, mélangez le tout... Vous êtes maintenant en présence de The Book of Ivy. En effet, à ce niveau là, il n'y a pas vraiment de nouveauté sur la trame. Un monde détruit, une société qui se reforme sur des principes plutôt douteux, et une héroïne formellement opposée à ces injustices. Jusque là, rien ne permet donc à cette dystopie de se différencier des autres. Et puis on découvre les personnages, et c'est là que la plume d'Amy Engel fait son œuvre. Car si elle nous propose un univers des plus habituels dans le genre, ce sont ses personnages qui font toute la force de son roman.

Ainsi, ils portent à eux seuls le livre sur leurs épaules, et ils le font merveilleusement bien. On découvre Ivy et la famille Westfall ainsi que l'injustice de la situation dans laquelle ils vivent. On a immédiatement envie de se battre à leur côté, et on accompagne alors Ivy dans son projet, car on veut la voir cette révolution. Et puis on atterri dans la famille Lattimer. Et là c'est l'incompréhension. Car on découvre alors le président et son fils, tout comme les institutions qu'il a mises en place. On assiste également à la vie commune entre Ivy et Bishop. Et elle qui s'attendait à être traitée comme une moins que rien par ce dernier découvre un jeune homme peu sûr de lui, à l'écoute, gentil, attentionné, et qui rêve de voir un jour la mer. Ce garçon qui aurait dû être son pire ennemi se retrouve loin de l'image qu'elle s'en était faite. 

C'est ce qui m'a le plus marquée dans ce livre ; on ne sait plus pour quel parti il faut être. Qui est gentil ? Qui a raison ? L'auteure nous retourne tout simplement le cerveau constamment, j'ai changé maintes fois d'opinions, et à la fin j'étais véritablement perdue .J'ai haï, aimé, compris, angoissé, crié à l'injustice... Je me suis révoltée, énervée, sentie trahie... C'est un livre qui ne m'a tout simplement pas laissée de marbre, impossible à reposer. Une véritable tuerie émotionnelle.

C'est à ce niveau là que je félicite le travail remarquable de l'auteur. Car si Ivy peut parfois paraître énervante, à ne pas savoir sur quel pied danser, à se rendre compte qu'elle se fait tout bonnement manipuler, en avoir conscience et ne pas réussir à agir.. Et bien finalement on ne vaut pas mieux qu'elle, car j'ai été tout aussi instable. C'est formidablement bien retransmis, et j'avais l'impression d'être Ivy, de subir cette dualité sans avoir quoi faire, comment agir. J'ai été tout aussi perdue qu'elle. C'est vraiment très psychologique, et c'est véritablement le gros point fort de ce livre. Toutes les certitudes du roman s'envolent, on a l'impression que l'auteur joue avec nous, c'est à la fois perturbant et addictif. A la façon d'Ivy, tout ce en quoi on croyait s'effrite tout doucement, et j'ai craint de savoir quel en serait le déroulement final.

Et la fin.. Quelle fin ! Je ne l'ai absolument pas vu venir, j'avais envie de me rebeller, de secouer Ivy de son inertie, de hurler à la face de cette communauté. Je veux savoir ce qu'il va arriver, comment les choses vont évoluer - ou non. Ce livre est un combat perpétuel, à la façon de la lutte que mène continuellement Ivy en elle-même.

L'attente va être longue, très longue, car la suite n'est prévue que pour novembre 2015 en VO. Alors prenez votre mal en patience, car une fois que vous serez tombé dans The Book of Ivy, vous ne pourrez plus en sortir. Mais en même temps c'est tellement délicieux que c'est un mal qui fait du bien...

Née au Kansas, Amy Engel a passé son enfance dans divers pays du monde (Iran, Taïwan) et vécu un peu partout aux États-Unis, de la Californie à Washington D.C. Avant de se consacrer à plein temps à l'écriture, elle a exercé le métier d'avocate - qui s’est avéré moins trépidant au final que dans les séries télévisées. Dès qu’elle a un moment de libre, elle se plonge dans un bon bouquin, ou se livre à son péché mignon : l'achat compulsif de chaussures. The Book of Ivy est son premier roman.

Éditeur : Lumen - 352 pages - Prix : 15 € - Date de parution : 05 mars 2015 - À partir de 14 ans - Thèmes : Dystopie - Survival - Thriller psychologique. - Romance

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