Copyright 2018 - Site by Misterdan

Trésors Enluminés de Normandie au Musée des Antiquités de Rouen

Intégré depuis janvier 2016 à la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen Métropole, le musée des Antiquités fit, dès son ouverture en 1834, la part belle aux œuvres du Moyen Âge et de la Renaissance, et son intérêt précoce pour les œuvres de ces époques confirme cet établissement comme un lieu de première importance pour l’histoire des musées européens. Certainement l’un des plus riches musées de Normandie en chefs-d’œuvre médiévaux et Renaissance, le musée des Antiquités apparaît comme tout désigné pour réunir, le temps d’une exposition, les trésors enluminés de cette région. Les visiteurs pourront égale- ment découvrir dans les collections permanentes des œuvres de référence tant pour la seule Normandie que pour la France : vase mérovingien de Douvrend, cristal carolingien du Tombeau de saint Remi à Reims, croix reliquaire orfévrée provenant de l’abbaye du Valasse, ivoires médiévaux, émaux limousins, chapi- teaux de Saint-Georges de Boscherville ou de Saint-Denis, tapisserie des Cerfs ailés ou encore tapisserie du château d’Anet, sans oublier un ensemble impor- tant de vitraux (Notre-Dame de Bondeville, Sainte-Chapelle de Paris, cathédrale Notre-Dame de Rouen...).

La première partie de l’exposition - présentée dans l’une des galeries de style gothique du musée des Antiquités évocatrice du goût pour le Moyen-Âge - s’attachera à expliciter l’intérêt pour l’art de l’enluminure en France aux 19e et 20e siècles, et à présenter le goût pour la miniature chez les collectionneurs comme les frères Dutuit, ou encore chez certains érudits d’origine normande comme Léo- pold Delisle. Il est toutefois difficile d’affirmer que la redécouverte des manuscrits enluminés serait, comme pour la peinture primitive, qu’elle soit murale ou sur panneau, l’apanage de l’époque moderne. L’histoire des grandes bibliothèques occidentales démontre à elle seule comment, à travers la pratique ininterrompue de la bibliophilie, et tout simplement le plaisir de la lecture chez les collectionneurs privilégiés (citons pour la seule Normandie les bibliothèques Bigot et Martain- ville), les enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance ne purent jamais être tout à fait oubliées. En revanche l’époque moderne vit s’épanouir des sommes d’érudition pointues qui, dans leur prise en compte des enluminures et leur re- production papier, exploitaient essentiellement une imagerie historique destinée à illustrer le passé national. Le développement de nouvelles techniques de repro- duction participa également à la popularisation de ce patrimoine.

La seconde partie de l’exposition fera apprécier aux visiteurs les plus belles en- luminures conservées dans les musées français et issues de collections nor- mandes. Le parcours débutera par les bibles, les livres par excellence dans la culture chrétienne, pour ensuite égrainer par typologie d’ouvrages la présentation de miniatures atteignant bien souvent un très haut niveau de raffinement pictural. Les différents manuscrits liturgiques utilisés lors de la messe ou de l’office démontreront ensuite en quoi l’usage liturgique détermina en partie l’organisation des rapports entre texte et image. Succès commerciaux à la fin du Moyen Âge en raison de l’importance de la prière et de la lecture individuelle à cette époque, les livres d’heures, destinés à un possesseur individuel, savent quant à eux aisément séduire les collectionneurs et bibliophiles occidentaux. L’omniprésence de la religion chrétienne ne saurait faire oublier que pratiquement tous les domaines du savoir disponible étaient repris dans les livres. L’illustra- tion didactique développa principalement ses exposés théoriques dans le livre enluminé. Compilation de textes normands relatifs à l’organisation judiciaire, la Coutume de Normandie était parfois complétée par le Traité de l’arbre de consan- guinité, accompagné d’illustrations didactiques prenant la forme de tableaux de parenté. Fixé en langue vernaculaire au 12e siècle, le Roman d’Alexandre, matière chevaleresque d’inspiration antique, fut redécouverte par Jean Wauquelin, qui composa, peu avant 1447, pour Jean de de Bourgogne, comte d’Étampes, le Livre des Conquêtes d’Alexandre. Ce texte est notamment connu pour l’exemplarité de la collection Dutuit, riche de plus de deux cents miniatures en un seul volume. Les traités de cynégétique de la fin du Moyen Âge ne seront pas sans suggérer, dans une veine courtoise et princière, les sommes d’histoire naturelle. Le succès du Livre de la Chasse de Gaston Fébus, rédigé à la fin des années 1380, fut tel qu’il sera par exemple adapté à la fin du 15e siècle pour le gentilhomme normand Louis de Gouvys.

La section suivante évoquera la pratique du dépeçage des manuscrits enluminés. En dépit des liens étroits entre texte et enluminure, la prise de conscience de la valeur esthétique des miniatures, qui s’affirme dès le 18e siècle, accorda à certains fragments de livres un statut d’objets de collections à part entière. Et cela au dé- triment de l’intégrité matérielle de ces ouvrages. Nombreux furent les collectionneurs à amasser feuillets indépendants et minia- tures tout simplement découpés. Le feuillet italien provenant du missel de Tho- mas James fut ainsi détaché au 18e siècle, pour finalement arriver au musée du Havre, au début du 20e siècle, de même que tout un ensemble de miniatures fer- raraises de l’époque des ducs Lionel, Borso et Hercule d’Este, maintenant conser- vé par la Fabrique des Savoirs d’Elbeuf. L’exposition se terminera en abordant la pérennité de l’enluminure après l’inven- tion de l’imprimerie à caractères mobiles en 1455 par Gutenberg. Alors que triom- phait une esthétique du décor gravé en noir et blanc, un durable attachement pour les enluminures suscita une mise en couleur, soit par un simple lavis, soit par un traitement pictural plus couvrant, des gravures. Des peintres de renom continuèrent également à exploiter les espaces réservés par l’imprimeur, pour la décoration d’ouvrages destinés à une clientèle de marque, toujours attachée aux enluminures.

Mes photos.

Du 09 décembre 2016 au 19 mars 2017 - Ouvert du mardi au samedi de 13h30 à 17h30 et le dimanche de 14h à 18h - Les groupes en visite ou en atelier avec conférencier peuvent être accueillis le matin de 10h à 12h - Pendant les vacances scolaires et lors d’expositions temporaires, le musée est également ouvert le matin, de 10h à 12h15 - Fermé les lundis et les 25 décembre et 01 janvier - Tarif unique : 4 € - Gratuit pour les moins de 26 ans et les demandeurs d’emploi - Entrée libre dans les collections permanentes - Musée des Antiquités de Rouen : 198 rue Beauvoisine 76000 Rouen - 02 76 30 39 50 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - www.musees-rouen-normandie.fr.

f t g m

Console de débogage Joomla!

Session

Profil d'information

Occupation de la mémoire

Requêtes de base de données