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1975 - 1997 la bande dessinée fait sa révolution Metal Hurlant et (À Suivre) au Musée de la BD d'Angoulême (France)

De nombreux magazines auraient mérité et auraient pu faire l‘objet d’une exposition. On pense bien évidemment à Pilote, qui a accueilli dans ses pages les plus grands classiques de la bande dessinée : Astérix de Goscinny et Uderzo, Lucky Luke de Goscinny et Morris, Valérian de Christin et Mézières, Achille Talon de Greg, Blueberry de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud... On aurait également pu citer Tintin, Charlie Mensuel, Fluide Glacial, Circus... Apparu en 1974, sous la houlette de Mandryka, Bretécher et Gotlib, L’Écho des Savanes marque une première étape dans l’évolution de la bande dessinée vers le monde adulte mais demeure encore très (trop) pipi-caca. Comme le dit Jean-Pierre Dionnet, « Gotlib voulait dessiner des zigounettes ».

La première vraie révolution s’opère avec l’arrivée de Métal Hurlant en 1975 puis par celle d'(A suivre) en 1978. Méta Hurlant (créé par Jean-Pierre Dionnet, Jean Mœbius Giraud, Bernard Farkas et Philippe Druillet) a un contenu science-fiction et fantastique.

Le cinquième personnage incontournable de cette aventure est Étienne Robial, qui créa toute l’identité graphique du magazine. Philippe Druillet y éclate littéralement le cadre de la case, Mœbius y invente des histoires graphiquement époustouflantes. C’est un délire graphique, une explosion visuelle, un chaos perpétuel. Il n’y a ni règles, ni limites. Jean-Pierre Dionnet, génial et fou rédacteur en chef, qui sera ensuite (grandement) aidé par Philippe Manœuvre dès 1977, accueille tous les grands artistes de l’époque : Jean-Michel Nicollet, Enki Bilal, Jacques Tardi, François Schuiten et son frère Luc, Paul Gillon, Jean-Claude Gal, Frank Margerin, Richard Corben, Serge Clerc, Yves Chaland, Dodo et Ben Radis, Jano, Tramber, Beb-Deum, Denis Sire, Didier Eberoni, Jacques de Loustal, Arno, Chantal Montellier, Ted Benoit, ...

Des couvertures superbes sont également réalisées par des artistes issus de l’art contemporain tels H.R. Giger (qui créa la créature du Alien de Ridley Scott), Aslan (qui dessina toutes les pin-up d’une autre revue bien célèbre, Lui) ou bien encore Pierre & Gilles (superbe image de Claude François). Métal Hurlant est un bouillonnement ininterrompu d’images, d’idées, d’envies. Les Américains ne s’y sont pas trompés et importent ce magazine sans aucun équivalent, qui donnera naissance à Heavy Metal dès avril 1977.

(A suivre) naît en 1978 et affiche des ambitions différentes mais complémentaires : une exigence du récit et du noir et blanc. Didier Platteau et Louis Gérard créent cette revue pour donner une assise et relancer Casterman, (seule structure d’édition à ne pas avoir "sa" revue), maison traditionnelle, connue pour Tintin (Hergé), Alix et Lefranc (Jacques Martin) ainsi que pour ses manuels scolaires et religieux. Ils ont une haute exigence. Cela se traduira par des histoires superbement dessinées qui sont au service d’un récit fort et bien construit. Le dessin en noir et blanc, c’est-à-dire le dessin pur, sans artifices de couleurs, est la signature des artistes de cette revue (mais pour des raisons économiques également : imprimer en noir et blanc coûte moins cher). Jean-Paul Mougin, le rédacteur en chef qui accompagna toute l’aventure d’(A suivre), parle de "roman dessiné". Ainsi, au fil des pages, se succèderont : Jean-Claude Forest et Jacques Tardi (Ici Même), Hugo Pratt (Corto Maltese), Léo Malet avec Jacques Tardi de nouveau (Nestor Burma), Benoît Peeters et François Schuiten (Les Cités obscures), Carlos Sampayo et José Muñoz (Alack Sinner), Hugo Pratt et Milo Manara (El Gaucho), Benoit Sokal (Canardo), Didier Comès 3 pourquoi Métal Hurlant et (A Suivre) ? par Jean-Baptiste Barbier (Silence, Eva, La Belette), Jerome Charyn et Jacques de Loustal (Les Frères Adamov), Jerome Charyn et François Boucq (La Femme du magicien et Bouche du diable), André Juillard (Le Cahier bleu), Jacques Lob et Jean-Marc Rochette (Le Transperceneige), Sylvain Chomet et Nicolas de Crécy (Léon la Came)... Métal Hurlant et (A suivre) ont de nombreux points communs : Étienne Robial crée la charte graphique des deux magazines ; de nombreux artistes (Mœbius, François Schuiten, Hugo Pratt, Jacques de Loustal, Ted Benoit, Jacques Tardi) passent d’une revue à l’autre avant de trouver celle qui deviendra leur famille ; leur contenu est pour tous deux adulte (sans connotation sexuelle, même si la sexualité est partie intégrante de la vie et, à ce titre, y est donc abordée), les cadres de la bande dessinée sont réinventés.

Par ailleurs, ces deux revues influenceront grandement le cinéma. Cette thématique aurait pu faire à elle seule l’objet également d’une superbe exposition. A titre d’exemple, Blade Runner de Ridley Scott, sans The Long Tomorrow de Dan O’Bannon et Mœbius, n’aurait jamais eu cet impact visuel. George Miller, sans La Nuit de Druillet, aurait-il eu l’idée de Mad Max ? Mais ceci est une autre histoire...

Du 26 juin au 28 octobre 2014 - Musée de la BD d'Angoulême 121 Rue de Bordeaux 16023 Angoulême cedex - Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi, dimanche et jours fériés de 14h à 18h juillet et août jusqu’à 19h - www.citebd.org.

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