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Chevaux de foudre écrit par Aurélie Wellenstein

Alix a tout perdu, son père, sa terre, même son nom. Devenue esclave à Rome, elle est précipitée dans le monde des courses du Déluge. Ces compétitions violentes et sans pitié voient s’affronter les Fulgurs, des chevaux de foudre dont le corps s’électrise quand l’orage éclate. Les monter, c’est mettre sa vie en jeu, mais la liberté couronne les vainqueurs. Aidée par Marcus, le prodige de son équipe, Alix va lier son destin à Ira, un étalon indomptable, aussi beau que mortel…

Chevaux de foudre, c’est une histoire de chevaux, d’amitié, d’amour, dans laquelle des esclaves tentent de gagner leur liberté dans une compétition qui peut s’avérer fatale, sur le dos de montures électriques à moitié sauvages. C’est également un personnage d’adolescente attachante, pleine de vie, courageuse et déterminée, qui refuse de se cantonner à un rôle passif.

Je vous avais annoncé ce roman palpitant, il l’est ! Aurélie Wellenstein a su composer avec Alix une héroïne émouvante, bourrée de contradictions, tour à tour forte et effrayée, capable d’une intense témérité, mais sous laquelle pointe encore la petite fille craintive.

Ça démarre fort : alors que la jeune Alix travaille aux champs avec son père, ils sont attaqués par des cavaliers sans pitié. La gamine est enlevée, après que son père a été assassiné, tandis qu’elle s’efforce d’empêcher les soudards de maltraiter un Fulgur, un de ces chevaux sauvages et indomptables que les Romains capturent pour leurs courses.

Vendue comme esclave en même temps que le farouche animal, Alix va perdre jusqu’à son nom, mais restera auprès de l’étalon. Elle se prend d’amitié pour Marcus, le meilleur cavalier de l’équipe ; ensemble, ils tenteront de gagner la compétition et, avec elle, leur liberté. Le rythme est haletant, ménageant juste ce qu’il faut de respirations pour enchaîner sur les péripéties suivantes. On tremble avec cette adolescente mi-rebelle, mi-gamine (et n’est-ce pas finalement une définition de l’adolescence ?), on s’émeut au gré de ses aventures…

Aurélie Wellenstein a un immense talent pour faire vivre son héroïne, créer un monde magique avec ces Fulgurs, mais dans lequel le jeune lecteur, même peu familier des littératures de l’imaginaire, trouvera son chemin, avec ses références à Rome. Elle sait à merveille doser l’action, un peu de romance et des épreuves haletantes. Son personnage principal est sans aucune mièvrerie, c’est une jeune fille forte, une battante capable toutefois d’ouvrir son cœur à l’amitié et à l’amour. L’écriture est fluide, parfaitement adaptée à un jeune lectorat, tout en étant terriblement expressive ! Quant aux adultes à l’âme encore un peu enfantine, ils prendront plaisir à déguster cette aventure qui vous tient en haleine, jusqu’au bout.

Aurélie Wellenstein est une auteure à suivre, tant ses qualités (en jeunesse comme en adulte – elle a commis de nombreuses nouvelles déjà, et chut ! Il se murmure qu’un roman adulte arriverait bientôt) sont éclatantes.

Un coup de cœur dans les sorties de ce printemps !

Éditeur : Magnard Jeunesse – Collection Romans 8-12 ans – À partir de 11 ans – Date de parution : 13 avril 2015 – 224 pages – Prix : 12,90 €.

Critique – Points chauds écrit par Laurent Genefort

Depuis le mois de septembre 2019 et l’ouverture des premières Bouches, ces passages spatio-temporels par lesquels des myriades d’aliens se sont engouffrés sur terre, rien n’est plus pareil.

Effervescence, exultation, panique… À présent nous ne sommes plus seuls.

Face à ces extraterrestres d’origines, de mœurs et d’aptitudes diverses, il faut faire face, s’adapter. Oui, mais comment ?... Heureusement, vous trouverez en seconde partie de ce livre Aliens, mode d’emploi, votre guide indispensable pour survivre dans ce nouveau monde où désormais un alien peut surgir à chaque coin de rue.

On retrouve ici deux livres en un seul : Points Chauds, le roman qui a obtenu le prix Rosny Aîné en 2013, et Aliens mode d’emploi. Le second étant sympathique mais dispensable, le retrouver ici comme annexe du premier est une excellente initiative : libre au lecteur de le lire attentivement ou en diagonale, l’essentiel étant Points Chauds, un roman excellent, que dis-je, un vrai bijou.

Laurent Genefort propose une approche extrêmement intelligente du sujet de l’invasion extraterrestre. Finalement que cette question soulève c’est notre rapport à l’autre. Les humains ayant déjà des difficultés à s’accepter les uns les autres, comment pourrait-il en être autrement des aliens ? Ce n’est pas une invasion agressive à laquelle on est ici confrontés, pas plus qu’à une rencontre du troisième type : plutôt une immigration massive et imprévue, aux quatre coins de la planète, d’espèces extraterrestres aussi diverses que variées. Cela implique des problèmes relationnels, bien sûr, mais aussi légaux et logistiques, d’autant plus que si certains aliens ne font que transiter entre des mondes, certains semblent prendre racine sur notre planète. Quel statut leur accorder, comment organiser leur périple, assurer leur sécurité et la sécurité des humains les côtoyant, gérer leur subsistance, dans un cadre où les territoires sont déjà régis par des nations souveraines ? L’humanité peut-elle s’accorder sur une ligne de conduite ? Autant de questions que Laurent Genefort soulève et auxquelles il apporte de superbes réponses.

Quid de l’intrigue ? On suit plusieurs personnages, confrontés chacun à une ou plusieurs extraterrestres, dans un cadre chaque fois différent, et à plusieurs endroits du globe. Le roman est universel, les personnages sont donc variés : hommes, femmes, français, indiens, russes (enfin, nénètses)… chercheur, humanitaire, militaire, ou simplement un homme qui sent l’appel de sa destinée trancher singulièrement avec un quotidien morose… Les extraterrestres leur posent des problèmes, mais les amènent aussi à se questionner sur le sens de leurs existences, à se remettre en cause.

On suit ainsi plusieurs histoires qui se mettent en place lentement, au travers de points de vue alternés, jusqu’au moment où pour chacun tout bascule. Impossible de lâcher le livre, dès lors. Certaines de ces histoires vont se rejoindre. L’ensemble est maîtrisé, équilibré, et se lit d’une traite, avec grand plaisir. C’est un beau roman, à lire, à offrir, à partager, et qui devrait laisser un souvenir durable à ceux qui auront eu le bonheur de le lire. Je le recommande sans aucune réserve.

 

Editeur : Le livre de poche – Date de publication : 22 janvier 2014 – 384 pages – Prix : 7,60€ - Acheter ce livre sur Amazon.fr ou fnac.com

Vingt ans de Visions du Futur - Anthologie

D’un monde déshumanisé où les sentiments sont des faiblesses impardonnables à un train qui traverse une Toscane ravagée, d’une maison de retraite où l’heure de la dernière bataille a sonné aux tourments des «créatifs», de l’héroic fantasy à la science-fiction, de l’anticipation à la loufoquerie, ce sont autant de «Visions» qui vous sont proposées au fil de ces pages.
Quatorze nouvelles vous attendent dans ce recueil, toutes ont remporté le prix Visions du Futur au fil des ans, toutes disent un monde dévasté, joyeux, drôle ou tragique, toutes traduisent les angoisses et les espoirs d’auteurs pleins de talent.
Bon voyage !

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Le Roi Sombre écrit par Oren Miller

« Maintenant, il faut souhaiter qu’il meure vite. »

Mais les souhaits, par pur esprit de contradiction, se réalisent rarement, et Ed ne meurt pas. Condamné à l’isolement à vie dans la pire des prisons spatiales pour un crime qu’il n’a pas commis, le jeune homme agonise lentement et avec beaucoup d’application.

Alors que débute sa vingt et unième année d’incarcération, une chose tout à fait improbable et imprévue se produit : Ed s’évade du seul endroit dont on ne s’évade pas.

Pour une seule raison. Pour une seule destinée. La vengeance.

Cependant, il est un fait incontestable qu’aucune entreprise de haine, ou d’amour, ne se déroule jamais comme on le désire. Une espèce de grain de sable vient toujours enrayer les machinations les plus complexes, surtout quand il est semé par des créatures plus insolites les unes que les autres.

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Les gouffres de la Lune écrit par Arthur C. Clarke


Au xxie siècle, la Lune a été colonisée, et les touristes les plus aisés peuvent se payer le luxe d’une croisière sur la mer de la Soif. Pour cela, ils prennent place à bord du vaisseau Séléné, spécialement conçu pour glisser à la surface de la poussière – aux propriétés étonnantes – qui recouvre cette « mer ».
Mais cette fois-ci, un tremblement du sol entraîne l’engloutissement du Séléné, désormais incapable d’émerger à la surface ou de transmettre la moindre information sur sa position. Tandis que les voyageurs se trouvent emprisonnés dans ce qui pourrait bien devenir leur tombeau, à l’extérieur les secours s’organisent…

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The Young World écrit par Chris Weitz

Manhattan, 21e siècle. Un virus a décimé toute la population des États-Unis, à l'exception des adolescents. Plus d'électricité, plus d'eau courante, plus de transports, plus d'Internet, les jeunes sont livrés à eux-mêmes dans la ville qui ne dort jamais. L'Upper East Side est devenu le territoire des Résidentiels, tribu violente et machiste qui domine le marché noir. Dans le Village, plusieurs tribus coexistent plus ou moins pacifiquement. Parmi eux, les Washington Square. Il y a Donna, Jeff, Peter, Brainbox et Opaline. Cinq ados privés de repères qui ont vu leur avenir se désintégrer sous leurs yeux. Lassés d'attendre la mort, ils partent à travers Manhattan pour tenter de retrouver l'origine du virus qui a décimé le continent.

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Coeur d'acier écrit par Brandon Sanderson


À Newcago, un Épique appelé Coeur d’Acier s’est emparé du pouvoir. On le dit invincible : aucune balle ne peut le blesser, aucune épée trancher sa peau, aucune explosion le détruire. Seuls les Redresseurs, un groupe d’humains ordinaires qui ont consacré leur vie à étudier les Épiques afin de découvrir leur point faible, lui résistent.


David Charleston a dix-huit ans. Quand Coeur d’Acier est arrivé à Newcago, il a tué son père. Depuis des années, David rêve de se venger, et il possède quelque chose dont les Redresseurs ont besoin… Le jeune homme a vu l’impossible : il a vu saigner Coeur d’Acier.

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Lum'en écrit par Laurent Genefort

« La vie intelligente sur Garance apparut cent mille ans avant que la planète ne porte ce nom. Cette vie-là n'était pas humaine, ni même organique. Lum'en était unique en son genre... »

Né en 1968, Laurent Genefort a vingt ans lorsque paraît son premier roman dans la mythique collection Anticipation du Fleuve Noir. Quarante ouvrages plus tard, deux Grand Prix de l'Imaginaire et un prix Rosny Aîné en poche, il est l’une des figures de proue de la science-fiction française et, sans doute, le meilleur créateur d’univers du domaine. Lum’en est le quatrième de ses livres à paraître aux éditions du Bélial'.

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Zendegi écrit par Greg Egan

 

2012. Martin Seymour est journaliste, en poste à Téhéran, où la révolution gronde. Nasim Golestani, jeune scientifique iranienne en exil aux États-Unis, ambitionne de travailler sur le PCH – un projet de cartographie des connexions neuronales du cerveau humain.

2027. Revenue au pays, Nasim orchestre Zendegi, univers virtuel qui passionne des millions de joueurs. Mais lorsque Zendegi est menacé par des concurrents puissants, Nasim développe un programme inspiré du PCH, qui confère aux personnages une autonomie stupéfiante. Tandis que la controverse grandit à l’égard de la nature et des droits de ces créations logicielles, une tragédie s’abat sur la famille de Martin, qui se tourne vers Nasim en quête d’une solution qu’elle seule peut lui offrir. Mais Zendegi est en train de se transformer en champ de bataille…

Voilà un roman à la structure et à la conclusion plutôt surprenantes.

La première partie nous amène à faire connaissance avec les personnages, mais aussi avec un Iran que l’auteur a voulu réaliste, même s’il y a intégré des éléments de son imagination. C’est un pays que l’on connait finalement peu, et cette immersion est plutôt agréable. Elle se fait d’autant plus facilement que l’on découvre le pays par les yeux d’un journaliste australien, dont les valeurs sont assez proches des nôtres. Du coup, tout comme lui, on va progressivement découvrir les iraniens, les problèmes qu’ils rencontrent, les solutions qu’ils y apportent, et on va apprendre à les aimer, nous aussi.

On suit également une jeune chercheuse confrontée aux difficultés d’un projet extrêmement ambitieux consistant à cartographier le cerveau humain afin de créer une super intelligence.

Cette première partie ne vise qu’à mieux connaître les personnages, leur background, et justifier les motivations qui seront les leurs dans la seconde partie. Et elle est très longue, puisque le mot « Zendegi » n’apparaît qu’à la page 175 !

Inutile de dire que si l’on s’attend à un roman mettant en scène de l’action au sein d’un univers virtuel, on va être déçu. Le propos du livre n’est pas là. Il questionne plutôt ce qu’il en est de la conscience des avatars virtuels quand celle d’un être humain se construit sur des années, en intégrant expérience, souvenirs, et conscience du temps qui passe. À ce titre, les longueurs du début sont donc extrêmement pertinentes, même si elles pourront en rebuter certains.

Mais ce n’est pas là le seul aspect surprenant de ce livre. On y voit des personnages qui échouent dans leurs aspirations, pour finalement se tourner vers de nouvelles solutions. Voilà qui est peu commun ! Parce que le roman échappe à une structure conventionnelle qui voudrait que le personnage se fixe un objectif et surmonte des épreuves pour y parvenir. Les héros de Zendegi se font rattraper par la vie, et parfois de cruelle façon. La fin est-elle un happy end ? Au lecteur d’en juger.

Greg Egan nous propose une histoire aussi réaliste sur le plan scientifique qu’humain. Il fait le choix de la minutie plutôt que du spectacle. Il nous rappelle aussi qu’il faut continuer à avoir confiance dans l’humain. Ce livre laisse une impression de sérénité difficile à définir. Il nous présente un avenir où l’humain n’est pas dépossédé de son humanité par la technologie, et s’inscrit donc dans une réflexion extrêmement actuelle.

Editeur : J’ai Lu – Date de parution : 8 juin 2014 – 475 pages – 7,90€ - Acheter sur Amazon  ou fnac.com

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