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Je suis ton soleil écrit par Marie Pavlenko

Marie Palvenko vit Paris. Elle est auteur de romans jeunesse (Pocket jeunesse, Delcourt, Le Pré aux Clercs).

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n'est pas le pire, non. Le pire, c'est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d'embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

C’est un exercice difficile que d’écrire un avis lorsque l’on est encore partagé entre deux sentiments contradictoires. J’ai l’impression de revenir à mon année de terminale avec l’épreuve de philo : Thèse, antithèse, synthèse… D’ailleurs, c’est une bonne idée et vous comprendrez pourquoi. Ceci sera donc mon « introduction » sur le sujet « Qu’est-ce que j’ai pensé du roman Je suis ton soleil de Marie Palvenko ? », je vous expliquerai le « bon » et le « mauvais », puis je finirai par mon point de vue général sur ce roman. L’exercice promet d’être amusant.

Vous devez vous demander pourquoi je vous parle de Philosophie, tout simplement parce que ce livre m’a replongé dedans. Dès son premier cours, Déborah découvre cette matière avec laquelle elle éprouvera de nombreuses difficultés, comme beaucoup d’entre nous. Elle aura la chance de tomber sur une professeur qui ne la laissera pas se débattre en eaux troubles et qui comprendra que les mauvaises notes de la jeune femme ne viennent pas d’un manque d’intelligence ou de culture. Après tout, elle surprend son élève à lire Les Misérables, pendant ses temps de pause. Non, Déborah se retrouve en échec scolaire à cause de problèmes personnels dont elle ne s’ouvre à personne. Elle lui apprendra peu à peu comment raisonner et ordonner ses pensées, une chose dont elle aura vraiment besoin au cours de cette année décisive.

L’auteur réussit à aborder des thèmes très difficiles surtout pour un livre destiné à de jeunes lectrices : la dépression, l’infidélité de son père, le bac et la peur d’échouer. Marie Palvenko a su évoquer des sujets qui tourmentent énormément d’adolescentes et pour cause, le roman est né grâce à des enquêtes qu’elle avait menées pour le magazine Mutine. À l’époque, l’auteur interrogeait des jeunes femmes dans la rue sur de très nombreux sujets. Marie Palvenko utilise des mots justes et simples pour cela.

Au début de ma lecture, au cours des premiers chapitres, j’ai pensé : « Youpi, un livre à propos d’une amourette avec une héroïne tête à claques ». Dès les premières pages, je m’étais braquée en découvrant une adolescente de 17 ans qui se préoccupait déjà de la cellulite. J’avais l’impression que tout était écrit de façon superficielle et que Déborah manquait de profondeur. Je l’avoue que du haut de mes 35 ans, je ne suis plus la même que celle que j’étais au lycée, même si je reste une grande enfant. Mais rapidement, je me suis souvenue, à 17 ans, j’étais comme Déborah. Pour moi aussi, le fait de ne pas être avec ma meilleure amie était la fin du monde. Je donnais des surnoms stupides à mon entourage pour parler de ce mec super canon discrètement, du moins c’est ce que je pensais à l’époque. Je trouvais mes parents nuls quand ils ne s’occupaient pas de moi ou à l’inverse lorsqu’ils me posaient des questions auxquelles je n’avais pas de réponses, sans parler des premiers amours.

Ces points négatifs, il m’a fallu du temps pour les comprendre. Ce n’était pas un manque d’approfondissement, mais au contraire l’auteur avait réussi à donner vie à son héroïne, une jeune femme lumineuse qui dans son innocence arrive à surmonter des difficultés. Cette légèreté est nécessaire pour que des adolescentes prennent plaisir à lire et comprendre ses sujets complexes.

Marie Palvenko a su montrer la force de l’amitié et surtout les liens qui unissent une famille. J’aimerais en dire tellement plus à propos de ce roman, mais je ne veux pas tout révéler de l’histoire. Je vous laisse donc la découvrir.

De mon côté, ce livre m’a donné envie de manger des coquillettes, de faire du découpage et de retrouver mes amis pour une soirée pizza et cadavre exquis. Je retrouverais avec plaisir l’auteur au Salon Livre-Paris le 25 mars afin de pouvoir à nouveau discuter avec elle de son roman et découvrir les précédents qui sont d’un tout autre style, mais de ce que j’ai lu. Ils sont très bons aussi. Pour moi, c’est un coup de cœur. Il m’a touchée et j’espère vous avoir donné envie d’en savoir plus.

Éditeur : Flammarion- Collection : Jeunesse - Date de parution : 08 mars 2017 - Prix : 11,99€ format numérique ; 17,50€ format papier – 380 pages.

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