Copyright 2017 - Site by Misterdan

Autopsie - Tome 1 : Whitechapel écrit par Kerri Maniscalco

 

autop

En 1888, Audrey Rose Wadsworth étudie la médecine légale en compagnie de son oncle et d’un mystérieux jeune homme, Thomas.

Au même moment, Jack l’Eventreur commence à sévir dans les rues de Whitechapel, et les soupçons d’Audrey Rose se portent rapidement sur quelqu’un qu’elle connaît bien…
Mais son instinct va-t-elle vraiment la conduire sur le chemin de la vérité ?

Notre histoire se déroule parallèlement à la vague de meurtres commis par Jack l’Eventreur, tueur en série mondialement rendu célèbre par ses agressions plus violentes les unes que les autres sur des prostituées des rues de Londres, et par la légende qui entoure d’ailleurs toujours son personnage, dont l’identité reste à ce jour encore inconnue.

Les premières pages de cette lecture me saisissent immédiatement, moi qui ai fait des études de criminologie.
Nous sommes tout de suite plongés dans le vif du sujet, si je puis dire.
La précision médicale y est, le dégoût également, pour les âmes un peu plus sensibles que la moyenne.
On en vient même à se demander si cette histoire ne pourrait pas inspirer un réalisateur.
C’est grâce à ce début prometteur que la lecture n’en devient que plus passionnante, et on arrive vite à la quasi moitié de l’œuvre, profitant d’un récit bien mené et d’une intrigue prenante.

Mais au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les chapitres suivants, on a l’impression de s’engluer dans le récit…et la désillusion fait mal.
Les clichés littéraires desservent lentement une histoire pourtant emprunte d’originalité, transformant notre héroïne en apparence « badass » en une petite fleur fragile qu’il convient de ne pas briser.
La lecture se fait alors difficile, tandis que l’on glisse vers un dénouement finalement prévisible, si un petit Sherlock Holmes sommeille en nous.

Lorsqu’on referme ce livre à la fois déroutant, cru et saisissant, on en ressort (du moins pour ma part) avec un avis plutôt mitigé.
Oui, l’originalité de cette histoire et sa précision chirurgicale sont évidentes.
Oui, notre héroïne est une femme forte qui va se transcender tout au long de cette aventure, réussissant à dépasser les obstacles qui l’empêchaient de vivre ses envies et les rêves pour lesquels elle s’est battue tout au long de ce récit.
Mais j’aurais souhaité pour ma part moins de clichés littéraires. Une jeune fille issue d’un milieu aisé ayant une vie secrète lorsque la nuit tombe ou quand Papa n’est pas là, l’exposant au danger et à la désapprobation patriarcale et sociétale, c’est du déjà vu…et c’est ce qui est bien dommage dans cette histoire qui m’aura tout de même fascinée et vraiment collé à la peau, la criminologie comptant énormément pour moi, et étant un de mes sujets de prédilection.

Point positif également : les explications de l’auteure en fin de livre, exposant et détaillant les libertés prises volontairement pour créer cet univers et cette œuvre.

En revanche, difficile de prévoir ce que Kerri Maniscalo choisira d’évoquer dans le second tome de cette saga, qui se termine sur une petite fin ouverte, certes, mais pas au point d’en faire un deuxième opus à mon goût.
On a quand même hâte de lire la suite, maintenant qu’on s’est attachés à ces personnages !

Mention spéciale à l’illustrateur Guillaume Morellec qui propose une couverture de toute beauté, qui représente bien l’ambiance si particulière d’Autopsie tome 1 : Whitechapel.

Editeur : Milan - Roman Ados - Date de parution : 18 janvier 2017 - Prix : 15,90€ - 352 pages

f t g m