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Le fils de L’Ursari de Xavier-Laurent Petit, Cyrille Pomès et Isabelle Merlet

Quand on est fils d’Ursari, on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Parias dans leur propre pays, Ciprian et sa famille échouent à Paris où, parait-il, l’argent coule à flots. La réalité sera infiniment plus rude !
Adapté du roman et magnifiquement mis en scène par Cyrille Pomès et Isabelle Merlet, le destin de Ciprian laisse cependant poindre une lueur d’espoir : aucune vie n’est jouée d’avance.

Je ne connais pas le roman jeunesse qui est à l’origine de cette adaptation, et qui a gagné le Prix sorcières 2017 et j’ai été fortement émue à la lecture de cette BD.
J’ai d’abord découvert un nouveau terme, Ursari : montreur d’ours. Un peuple méconnu, des roms qui vivent au rythme de la nature et qui respectent l’ours. Ce sont des fils du vent, descendants des pharaons et protégés de l’empereur Sigismund. Ils partagent avec l’ours leur vie de bohème sur les routes.
Chassés de leur pays par leurs compatriotes, la famille que nous suivons ici se retrouve en danger et accepte de relâcher leur ours et de partir vers la France en signant un contrat avec un homme d’affaire qui affirme leur offrir une chance d’obtenir fortune et gloire à Paris. Mais la réalité est tout autre. Ils atterrissent dans un bidonville, et deviennent alors des mendiants professionnels pour rembourser une dette qui ne cesse d’augmenter. Ils sont tombés sous le joug de la mafia qui va les manipuler et les exploiter au maximum.
Cette très belle BD, illustrée de manière parfaite, est une adaptation fidèle du roman. Les thèmes abordés sont forts et poignants, comme le racisme envers un peuple et la traite d’humains, ici des migrants piégés par une mafia redoutable. Le récit est sombre porté par des dessins dynamiques montrant l’omniprésence de la violence. Et puis, en contraste, il y a Ciprian qui apporte une touche de tendresse enfantine. Ce jeune garçon intrépide découvre par hasard les échecs et se montrera talentueux dans ce domaine. Une opportunité de changer de vie, mais qui sera semée d’embûches.
J’avoue que le graphisme a joué un rôle important dans les émotions. Tout est bien retranscrit, les images sont fortes et nous font osciller entre joie et pitié, sans jamais tomber dans le larmoyant. Les détails apportent un réalisme effrayant. On s’attache facilement aux personnages et j’avoue que la fin ouverte apporte l’espoir timide d’un meilleur lendemain.

Editeur : Rue de sèvres – Scénario : Xavier-Laurent Petit – Dessin : Cyrille Pomès et Isabelle Merlet - Date de parution : 3 avril 2019 - 128 pages – Prix : 16 €

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