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Zombies Néchronologies – Tome 3 : La Peste de Olivier Péru, Stéphane Bervas et Sophian Cholet

Les îles Japonaises sont ravagées par les zombies. Mais dans un village de montagne, un millier de civils, des militaires et des chercheurs tiennent bon. Ils ont en leur possession une momie plusieurs fois millénaire à partir de laquelle le virus a été créé. En explorant les origines du mal, les scientifiques espèrent lui trouver un remède ; ils ne reculent devant aucun sacrifice, aucune expérience, pour arriver à leurs fins. Le résultat de leurs travaux pourrait aussi bien offrir une deuxième chance à l’humanité que la précipiter vers une extinction plus rapide.

Après avoir vu Paris tomber dans le tome 1 et quelques survivants tenter de survivre à un hiver enfermé à Stockholm dans le 2, Zombies Néchronologies se dirige cette fois du côté du Japon. Des militaires et chercheurs ont trouvé refuge dans un village au creux de la montagne pour échapper aux zombies et profiter de l’hiver et des routes coupées pour travailler sur un vaccin. Tout du moins, c’est ce que l’on croit, car l’ex-mari de la maire du village, Daisuke sait bien cacher son jeu et manque cruellement d’empathie. Jusqu’où ira-t-il pour avancer dans ses recherches ? Jusqu’où laissera-t-il tomber la morale pour arriver à ses fins ?

Il est étonnant de constater comme, quand les organisations directionnelles s’effondrent, on peut se remettre à des idées totalement impossibles à concevoir en temps normal. Bien sûr, la psyché particulière de Daisuke l’aide à se ficher des conséquences et de la morale, mais pour ceux qui l’entourent, c’est autre chose.

Alors qu’il s’est entouré de scientifiques pour travailler à un moyen de renverser la balance en la faveur de l’humanité, on découvre peu à peu ce qu’il souhaite vraiment obtenir comme résultats. La réponse est effarante... ce n’est pas la recherche d’un vaccin qui l’a poussé à venir dans cet endroit isolé, mais l’inverse. Trouver un moyen de créer des zombies encore plus puissants. Seulement quelques-uns, histoire de pouvoir détruire les plus faibles et n’avoir que trois/quatre à se débarrasser à la fin.

L’idée aurait pu n’être pas trop mal, bien que la dangerosité du processus aurait fait reculer plus d’un. Le vrai problème vient des moyens employés pour arriver à ce résultat. Les militaires avaient fait du village un endroit imprenable et protégé de l’extérieur, transformant les habitants et réfugiés en mouton. On pourrait dire plutôt en cobaye.

Reste à savoir quelles seront les conséquences des décisions prises...

Je précise tout d’abord que je n’ai pas lu les précédents tomes. Cependant, ici, je me suis sentie impuissante face aux évènements qui se déroulaient sous mes yeux. Le lecteur est ici un observateur, plus qu’il ne participe. Il ressent l’ensemble, mais il est presque impossible de ressentir de l’empathie pour le personnage principal, tant les décisions qu’il prend sont impensables. Elles sont nécessaires, quelque part, à la survie de l’humanité, mais on se demande si ça vaut la peine de sauver l’Homme par des actions inhumaines, si on ne perd pas ce que l’on cherche à préserver.

L’horreur de l’histoire se mêle à l’horreur des dessins. On se situe bien après le début de la contamination et les gens savent ce qui les attend s’ils sont mordus. Ils ont conscience de l’importance du travail effectué, mais on peut lire, à partir du moment où la vraie horreur de la recherche est dévoilée, que les autres ne peuvent pas abandonner leur humanité, quitte à mourir eux-mêmes pour sauver d’autres personnes.

Les illustrations ne cachent rien du gore de certains moments, bien qu’elles ne s’appuient pas uniquement là-dessus pour être efficace. Les mises en situation seules, sans qu’on en voie le dénouement, fonctionnent tout aussi bien. Les choses n’ont pas besoin d’être montrées pour être percutantes et c’est, à mon avis, le fort de ce tome avec Stéphane Bervas au dessin.

Éditeur : Soleil – Collection : Anticipation – Scénario : Olivier Péru - Dessin : Stéphane Bervas – Couleur : Digikore Studios – Couverture : Sophian Cholet – Date de parution : 25 janvier 2017 – 52 pages – Prix : 14,95 €

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