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Hate - Chroniques de la Haine de Adrian Smith

Dans un monde où le soleil gèle et la lune brûle, où les forts dévorent les faibles, un héros improbable va se lever pour affranchir Mère Nature de ses chaînes. Son chemin se trouve dans l’ombre. Ses ennemis sont légion. Son destin est celui d'un libérateur, et sa haine va tout ravager !


Côté scénario, Adrian Smith, l’auteur de la série Warhammer, a opté pour très peu de textes, et donc l’essentiel de l’histoire passe par le dessin. Les personnages ne sont pas vraiment humains, c’est un univers totalement sombre et glauque. Le fait que les personnages parlent peu met en relief leurs mots, qui les rendent souvent plus humains. L’histoire avance à une vitesse folle, on avale les pages, on suit le personnage principal sans s’arrêter, lui n’a pas un moment de répit dans sa quête et nous, nous n’avons pas une seconde pour détacher nos yeux de cet album. Des questions très sérieuses sont soulevées au travers de cette bande dessinée fantastique, notamment celle de la place de la nature dans nos sociétés mais aussi celle de la facilité à l’accès à la violence. Et puis il y a encore un degré plus profond, celle de savoir si la fin justifie les moyens, puis-je devenir le bourreau de mes ennemis pour des causes justes ? Toutes ces questions sont traitées, que ce soit par le dessin ou le texte, car parfois peu de mots peuvent en dire plus qu’un gros pavé.

Pour soutenir et mettre en valeur ce scénario il fallait forcément un dessin particulier. Adrian Smith prend ici quelques risques. Ce n’est pas le côté horreur et morbide qui est spécial, mais la texture qu’il lui donne. L’ensemble des cases sont grisées, ce qui fait que la bande dessinée prend un aspect très lugubre et par-dessus il dessine avec des traits noirs souvent épais. Cela donne un effet que je trouve génial, on a parfois presque l’impression de dessin en 3D, comme si les personnages sortaient du livre. Le décor est souvent très soigné, d’une qualité remarquable car malgré le grisé, malgré les effets d’épaisseur des personnages, nous ne sommes pas étouffés et le dessin reste très compréhensible. Il y a un autre défi qui est relevé dans cette œuvre, celui de faire transparaître les sentiments des personnages non humains sans aucun texte. Et ce défi est relevé avec brio, on arrive à comprendre ce que ressent le personnage.

La grande force de ce choix d’une bande dessinée quasi muette est que le lecteur peut projeter ce qu’il veut sur les dessins et finalement il y aura autant d’histoires que de lecteurs si chacun se raconte ce qu’il a compris, car cela ne sera forcément pas la même chose.

Bref, pour les fans de dark fantasy, ce sont 280 pages de bonheur à se procurer de toute urgence !

A noter que cette bande dessinée s’adresse à un public averti.

Editeur : Glénat – Collection : Hors Collection – Scénario et dessin : Adrian Smith – Date de parution : 31 mai 2017 – 280 pages – Prix : 30 €

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